La réforme du tiers-payant, prévue pour 2017, veut que tous les patients puissent en bénéficier. Mais cette réforme ne fait pas l'unanimité et provoque la colère des médecins et des syndicats médicaux. Finalement, à quelques semaines de la révision du projet de loi, le gouvernement hésite. Le tiers-payant pour tous verra-t-il le jour ? Sous quelle forme ?

Une aide généralisée

C'est une excellente nouvelle pour les patients, notamment ceux qui ont des revenus faibles, qui ont beaucoup d'enfants, ou qui nécessitent des soins médicaux réguliers. Aujourd'hui, seulement 35 % d'entre eux ont droit au tiers-payant (dont les bénéficiaires de la CMU), mais d'ici 2017, cette aide pourrait s'étendre à tous les patients sans distinction, mais, contrairement à ce qui était prévu au départ, elle ne « sera pas obligatoire » selon Les Echos.

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Une petite concession accordée par le gouvernement aux médecins, lesquels préparent une manifestation à Paris le 15 mars prochain, soit deux jours avant l'examen du texte de loi par les députés.

Comprendre leur colère

Si pouvoir bénéficier du tiers-payant est une bonne nouvelle pour les patients, ça l'est déjà beaucoup moins pour ceux qui les soignent. En effet, la Sécurité Sociale peut mettre entre 4 et 42 jours (dans le cas d'une demande par feuille de soins) pour rembourser au praticien les soins avancés ; de plus, certaines couvertures maladie demandent des formalités administratives assez pénibles, et parfois, le remboursement n'a jamais lieu. Accorder le tiers-payant à tous les patients, du point de vue des médecins, c'est prendre le risque de ne pas être payés pour leur travail, ou de vendre leurs soins « au rabais » ; ce qui pourrait se traduire par une augmentation phénoménale des consultations des médecins qui souhaitent rentrer dans leurs frais, et par conséquent, des centres de soins appelés à devenir des « usines de soins ».

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Un système de remboursement plus simple

Les remboursements rejetés peuvent venir du fait qu'un patient qui prétend bénéficier du tiers-payant n'y a en réalité pas droit. Et si les pharmaciens peuvent vérifier cela sur place, ce n'est pas le cas des médecins. Mais, dans le cadre de la réforme, puisque tout le monde y aura droit, ne peut-on pas penser que cela réglera une partie du problème ? Mais là encore, demeure la question des complications administratives. Face à cela, François Hollande promet un système de remboursement plus simple, et envisage que ceux-ci soient effectués par un seul payeur, à savoir l'Assurance Maladie). Cela éviterait aux professionnels de la santé d'avoir à démarcher une foultitude d'organismes pour un seul et même remboursement. Les syndicats médicaux proposent également un système de paiement différé : le patient règle par carte bancaire, mais son compte n'est débité qu'après qu'il ait été remboursé. Une procédure qui simplifierait la vie de beaucoup de monde, mais qu'il faut tout de même pouvoir mettre en place. #Finance #Médecine