La journée mondiale de la santé, organisée ce mardi 7 avril par l'OMS, est placée cette année sous le thème de la sécurité sanitaire des aliments. Les maladies d'origine alimentaire auraient touché en 2010, selon les derniers chiffres publiés par l'organisation mondiale, 582 millions de personnes, et entraîné la mort de plus de 350 000 d'entre elles. Certains observateurs livrent des analyses encore plus alarmantes, évoquant près de deux millions de décès chaque année. Le continent africain, puis l'Asie du Sud-Est, constituent, toujours selon l'OMS, les espaces géographiques les plus touchés. On note également que 40% des personnes touchées par ces problèmes de sanité alimentaire sont des enfants de moins de cinq ans.

Publicité
Publicité



Quelles sont les causes de cette insécurité alimentaire ?



Premier constat, l'industrialisation de l'alimentation est l'un des principaux facteurs à l'origine de la multiplication des problèmes liés à l'hygiène alimentaire : "La production alimentaire a été industrialisée, et le commerce et la distribution des produits alimentaires ont été mondialisés. Ces changements ont créé de multiples occasions de contamination des aliments", précise dans un communiqué le docteur Margaret Chan, directeur générale de l'Organisation Mondiale de la Santé. Bien évidemment, certaines zones, où les systèmes de santé sont moins développés ou accessibles aux population, sont plus vulnérables, ce qui peut décupler le problème : "Un problème local de sécurité sanitaire des aliments peut rapidement devenir une urgence internationale. Il est beaucoup plus difficile d'enquêter sur une flambée de maladie d'origine alimentaire lorsque l'on retrouve dans une même assiette ou un même conditionnement des ingrédients venant de toute une série de pays", poursuit Margaret Chan.

Publicité

Des maladies, estimées à plus de 200, et qui témoignent de l'ampleur des enjeux liés à la sécurité sanitaires des aliments. Les fruits et légumes contaminés ou les viandes mal cuites peuvent ainsi multiplier les risques de maladie. Par exemple, la première épidémie d'Ebola, en 1976, est née au Zaïre (aujourd'hui République Démocratique du Congo) de la consommation de viande de brousse infectée. Le patient zéro se serait arrêté au bord de la route pour acheter de l'antilope fumée ainsi que de la viande de singe avant d'être pris d'une forte fièvre et de mourir quelques jours plus tard. Difficile également de ne pas penser à la crise de la vache folle dans les années 1990, et de la transmission à l'homme, par la consommation de viande bovine contaminée, de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, à l'origine de 204 victimes.



Des conséquences économiques énormes et des mesures à prendre



Les conséquences économiques de ces problèmes sanitaires liés à l'alimentation se mesurent à deux niveaux.

Publicité

Tout d'abord, les secteurs alimentaires touchés paient un lourd tribut, principalement dans les pays dits "développés". Ainsi, la crise de la vache folle a causé une diminution à la fin des années 1990 de plus de 15% de la consommation de viande bovine au Royaume-Uni et en France, et de plus de 30% en Italie. Autre exemple plus récent, en Allemagne : une crise d'E. Coli en 2011 aurait entraîné la perte d'1,3 milliard de dollars pour les agriculteurs et l'industrie. Ensuite, les épidémies sanitaires liées à l'alimentation représentent un coût non négligeable en terme de mesures d'urgence. Face à ces questions, l'Organisation Mondiale de la Santé tente de prendre des mesures, comme par exemple la mise en place de système de protection de la sécurité sanitaire des aliments. Enfin, la sécurité sanitaire alimentaire se joue également au quotidien. À nous, en effet, de respecter une bonne hygiène de manipulation des aliments, de cuire correctement les aliments, ou encore de bien lire les étiquettes lors de l'achat et au moment de la préparation de la nourriture.