La science défie tous les jours la raison. Chaque journée passée est une nouvelle prouesse scientifique réalisée, une nouvelle découverte. De là à "prendre la grosse tête" et vouloir les changer, il n'y a qu'un pas. Un pas que le neurochirurgien italien Sergio Canavero se dit prêt à franchir.

"Docteur Jekyll et mister Hyde"

Le médecin avait en effet annoncé en 2013 son projet de greffer une tête sur un corps dans le but, selon lui, de redonner un corps valide à des patients atteints de maladies incurables, et pourquoi pas également d'éviter la perte de "grands cerveaux" (des génies longue conservation en quelque sorte...).

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Une idée qui a laissé la communauté scientifique totalement sceptique.

Depuis, le projet du Dr "Jekyll" a fait son chemin et a trouvé un volontaire en la personne de Valery Spiridonov. Ce trentenaire russe qui souffre de la maladie de Werdning-Hoffmann, un syndrome qui détruit progressivement et de manière incurable les muscles, s'est en effet porté candidat pour la première greffe de tête.

C'est donc ensemble qu'ils ont présenté plus amplement cette folle idée lors de la conférence de l'AANOS (American Academy of Neurological and Orthopaedic Surgeons) qui s'est déroulée le 12 juin dernier. Lors de sa présentation, le Dr Canavero a insisté sur sa technique de "soudure" de la moelle épinière (tranchée avec une lame très fine pour ne pas abîmer les fibres nerveuses, puis "ressoudée" à l'aide de polyéthylène glycol et du courant électrique pour leurs vertus accélératrices).

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Cependant, pour ses 150 confrères présents dans l'assemblée, et bien que les conclusions de ce projet soient porteuses de nouveaux espoirs pour les maladies dégénératives, le Dr Canavero a laissé trop de points cruciaux en suspens, comme notamment le rétablissement de le circulation sanguine cérébrale.

Le bioéthicien Art Caplan (Centre médical Langone de New-York) a même jugé l'idée "absurde, non scientifique, infaisable et ridicule". Il a par ailleurs noté que le neurochirurgien italien avait déclaré avoir besoin de 100 millions $ pour réaliser cette greffe d'ici 2016, ce qui classe selon lui la présentation dans la catégorie "levée de fonds".

Alors si l'idée de départ se pose sur fond de bons sentiments, des questions non seulement scientifiques mais aussi éthiques se posent. Est-il souhaitable de réaliser ce genre de greffe (avec les traitements anti-rejet et leurs conséquences) ? Ne risque-t-on pas de voir des dérapages se produire ?

Une affaire à suivre... #Médecine #Italie