Le jardin fait du bien, certes. Mais saviez-vous que jardiner peut soigner ? Gratter la terre, arroser une plante et pousser une brouette sont autant de gestes qui peuvent aider certains malades à aller mieux. Voilà l'idée véhiculée par l'hortithérapie.

Anne Ribes, pionnière de l'hortithérapie en France 

Cette « discipline », mise en avant aux Etats-Unis il y a plusieurs dizaines d'années, a été développée en France par Anne Ribes*, infirmière de formation qui détient également un diplôme en horticulture. Passionnée par le #Jardinage et persuadée de ses bienfaits sur certains patients (personnes âgées, malades d'Alzeimer, autistes, personnes souffrant de dépression...), elle a lutté durant plusieurs années pour que le corps médical la prenne au sérieux et lui fasse confiance, en intégrant l'hortithérapie dans des institutions de soins.

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Dans les années 90, Anne Ribes a mis ses connaissances en pratique à la Pitié Salpêtrière, à Paris, auprès d'enfants du service pédopsychiatrie. 

Les bienfaits du jardinage

Petit à petit, les hôpitaux et les maisons de retraite, par exemple, se sont prêtées au jeu en mettant un jardin à disposition des patients. Réunis en ateliers jardinage, ces derniers peuvent s'extérioriser, reprendre confiance en eux, prendre conscience de leurs gestes, de leur corps, développer leur dextérité, développer un attachement, une attirance pour le jardin... En fin de compte, l'hortithérapie agit sur trois niveaux : le physique, le psychologique et le physiologique. « Le malade n'est plus le soigné mais le soignant, celui qui apporte des soins aux plantes », comme le dit si bien Jean-Paul Ribes, président de l'association Belles Plantes, créée avec son épouse Anne.

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« Lorsque le malade constate que les soins apportés à la plante ont porté leurs fruits, il ressent une immense satisfaction, c'est à la fois valorisant et instructif ». Comme Jean-Paul Ribes se plait à dire : « L'hortithérapie soigne le vivant par le vivant. Le jardin devient le tiers-soignant ».

L'hortithérapie se multiplie 

Aujourd'hui, de nombreux établissements ont compris que le jardinage ne remplacerait pas les médicaments mais qu'il pouvait aider le patient et s'inscrire en complément des prescriptions médicamenteuses. « Contrairement au médicament qui agit grâce à la chimie, le jardin agit par sa simple présence » rappelle Jean-Paul Ribes. Et si les « jardins thérapeutiques » fleurissent en France, il préfère rectifier et parler de « jardins de soin ».

Le travail réalisé par l'association Belles Plantes est de plus en plus reconnu et depuis plusieurs années, Anne et Jean-Paul Ribes dispensent des formations en hortithérapie à Chaumont-sur-Loire. L'objectif étant de transmettre leurs connaissances tant sur la santé et les pathologies concernées qu'en horticulture.

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« On ne construit pas un jardin de soin n'importe comment. Par exemple, si les allées du jardin sont recouvertes de graviers ou qu'elles se croisent à angle droit, un patient en fauteuil roulant ne pourra pas y accéder », explique Jean-Paul Ribes. Ces formations répondent à une demande de plus en plus forte. 

*Annes Ribes est l'auteur de Toucher la terre : jardiner avec ceux qui souffrent, paru en 2006 aux éditions Médicis. #Médecine