Après la #Chine qui, début 2015, avait la première officiellement autorisé l'utilisation d'une nouvelle et révolutionnaire - de part sa simplicité et son faible coût - méthode de découpe et remplacement d'ADN pour modifier génétiquement des embryons humains, l'Angleterre lui emboîte le pas.

L'autorité de la fertilisation humaine et de l’embryologie anglaise, la HFEA, vient en effet de rendre un avis positif à la demande formulée par des scientifiques pour pouvoir utiliser la méthode Crispr-Cas9 sur des embryons humains à des fins de recherche uniquement.

Cette méthode permet de remplacer avec une beaucoup plus grande facilité qu'auparavant des morceaux d'ADN de toutes natures (végétaux ou animaux) et ce pour un coût ridiculement bas, quelques dizaines d'euros.

Publicité
Publicité

Quel est l'objectif ?

Le remplacement et/ou la modification de gènes au cours du développement des cellules qui formeront ensuite le placenta permettra à terme de «comprendre de quels gènes l’embryon a besoin pour se développer en un bébé sain» déclare le principal scientifique du projet Kathy Niakan. Elle espère aussi, à un horizon plus lointain, comprendre les raisons des fausses couches et de la stérilité.

Quels risques ?

Le risque scientifique tout d'abord qui consisterait en l'échec des essais. Déjà en 2015 les Chinois ont insisté sur les difficultés à utiliser cette techniques. Bien que plus facile d'utilisation et peu chère, elle ne modifie pas instantanément tous les gènes cibles de toutes les cellules cibles. Il y a des erreurs, des délais et surtout des interactions croisées dont les conséquences ne sont pas connues à l'avance.

Publicité

Le risque éthique ensuite. Cette autorisation crée un précédent qui peut faire craindre à certains un élargissement effréné, sous la pression de la concurrence mondiale, des motifs permettant de modifier le génome humain avec à terme pourquoi pas le transfert à des fins de gestation dans l'utérus d'une femme. Ceci ouvrirait la voie non seulement à la sélection artificielle - en opposition à naturelle - des caractéristiques de ses enfants mais aussi, à plus long termes, au rêve transhumaniste : l'humain amélioré.

Néanmoins toutes les lois Européennes sont pour l'instant opposées à de tels transferts.

Pour ou contre ?

Comme dit la chanson : "Et qu'on nous épargne si possible très longtemps d'avoir à choisir un camp".

Pas d'inquiétude pour l'instant car si le génome est décodé, les interactions croisées entre les gènes ne le sont pas du tout et sont sans doute très loin de l'être. Aussi l'humain amélioré n'est-il pas prêt d'aboutir.

Nos petits enfants, voire peut-être nos enfants par contre auront sans doute à choisir, et probablement à payer pour sélectionner les caractéristiques des leurs.

"Alors ma p'tite dame, je vous mets quoi ? Un astronaute ou un balayeur ?" Et quand on voit les réformes politiques à l'oeuvre, on se demande même si nous aurons encore ce terrible choix ou si d'autres le feront pour nous...

  #Médecine #biologie