Est-ce parce que Jean-Pierre Chevènement, alors premier adjoint, puis maire de Belfort au début des années 1980, avait été l'un des premiers autorisé l'abattage rituel en plein air des moutons lors des fêtes de l'#Aïd-el-Kebir (prochainement, le 12 septembre), qu'il est pressenti pour diriger la Fondation de l'islam de France. On ne sait... Toujours est-il qu'il pourrait rétrospectivement regretter cette décision qui a essaimé sur le territoire à la lumière de l'extension de la maladie dite de la tremblante du mouton. Certes, la fièvre catarrhale ovine n'est pas déjà transmissible à l'homme. Mais selon le vétérinaire Alain de Peretti, la tremblante se transmet aux carnivores et des éleveurs présentent des anticorps, ce qui laisse présager une multiplication virale et un possible franchissement des barrières d'espèces.

Publicité
Publicité

 

Les égorgements rituels lors de l'Aïd-el-Kebir ne sont sans doute pas seuls en cause, mais, non supervisés, ils constituent un facteur aggravant. Le coauteur de l'ouvrage Mouton fou (Traditions, terroirs et ruralités éd., puis Hachette) cite une circulaire du ministère de l'Agriculture pointant l'introduction d'#ovins lors de la fête. Or, le ministère de l'Intérieur souhaite que de nouveaux abattoirs provisoires puissent voir le jour pour cette cérémonie culturelle plus que cultuelle. Ce au nom de la liberté de culte. Environ 300 000 moutons sont sacrifiés chaque année. En septembre dernier dans l'Allier, peu avant la fête, un premier cas de FCO est détecté dans l'Allier. Un mois après, et l'Aïd, la progression s'étendait à une trentaine de départements du centre de la France.

Publicité

 

La tremblante du mouton est une fièvre hémorragique du type de celle d'Ebola. L'association TTR (Traditions, terroirs et ruralités) envisage donc de déposer un référé au tribunal administratif pour obtenir, avant l'Aïd, diverses mesures. Parmi lesquelles figurent l'interdiction d'importation de moutons depuis des zones éloignées d'abattoirs réglementés, la vaccination des chiens et chats, la surveillance des cervidés, etc... De même, les bétaillères devront être désinfectées. L'égorgement du mouton placé dans le coffre d'une voiture et s'effectuant dans une baignoire est certes un vestige du passé. Tout comme celui des porcs par d'anciens ouvriers agricoles autochtones relogés dans des HLM. Mais le docteur Jean-Louis Thillier, chargé d'une mission lors de l'épizootie dite de la vache folle (marqué par un scandale de choix de tests de dépistage moins performants pour ne pas trop pénaliser les éleveurs), continue de dénoncer une sous-estimation des décès à venir (déjà 27 Français pour la maladie de la vache folle, plus de mille estimés à l'horizon 2026).

Publicité

Il pourrait en être de même pour la tremblante ovine.

 

En de nombreuses localités, l'égorgement rituel, en plein air ou des locaux temporaires, s'effectue avec des contrôles superficiels. L'association TTR tente d'alerter les pouvoirs publics depuis trois ans. Il est fort possible qu'elle exagère les risques, et que les autorités nationales, municipales, soient frileuses à l'idée de revenir en arrière et de mécontenter partie de l'électorat musulman. La tremblante du mouton, aussi dénommée maladie de la langue bleue, est transmise par des moucherons et peut aussi toucher bovins, caprins, et animaux en liberté. Elle a migré de zones exotiques au nord de l'Europe, puis à la France, aux pays d'Europe centrale. En juillet dernier, 287 cas ont été détectés de la Charente au Doubs et du Cher aux Hautes-Pyrénées. D'autres cas ont été éradiqués en Corse. Des doses de vaccins sont distribués gratuitement. Des négociations ont été menées avec d'autres pays européens et extra-européens. Il est donc quelque peu abusif de laisser penser que les autorités font peu de la cas de la sécurité dans les élevages. Mais il reste fort vrai que tout ne peut être contrôlé en tout lieu et tout période. Il n'est pas non plus sûr que l'Aïd soit le principal facteur aggravant. Ce qui ne peut non plus être exclu.  #épizootie