La sécurité sociale a tout juste 71 printemps. Le réalisateur Gilles Perret lui consacre un documentaire, La sociale. Vive la sécu ! L’occasion de rendre hommage à celui sans qui elle n’aurait pas existé, député communiste du Front populaire puis ministre du Travail, Ambroise Croizat.

« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès ». Des mots prononcés lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, au nom de cette institution chère aux Français qui fut mise en oeuvre au sortir de la guerre, sur ordonnance du 19 octobre 1945 et sous l’impulsion d’un groupe d’hommes parmi lesquels Ambroise Croizat, grand oublié de l’histoire, malgré de grandioses funérailles auxquelles assistèrent un million de personnes endeuillées, en ce jour du 11 février 1951.

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Un ouvrier devenu ministre du Travail et de la Sécurité sociale

Ouvrier métallurgiste à 13 ans, militant ambulant avec un « baluchon de Vie ouvrière à vendre pour seul salaire » et député communiste du Front populaire, il fut nommé à 28 ans secrétaire de la confédération des métaux de la CGTU, sans savoir qu'il deviendrait quelques années plus tard ministre du Travail sous la présidence du général de Gaulle, auquel on attribue à tort la paternité de ce prodigieux outil d'émancipation des travailleurs, né de la volonté d'une plus grande justice et de la mise en place concrète de la mutualisation des risques.

La sécu : expression et exception française

La "sécu", une exception française dont les lettres de noblesse reviennent de droit à cet homme, antimilitariste et anticolonialiste, qui contribua à élaborer dans la clandestinité le projet du programme du Conseil national de la Résistance où figurait le système de protection sociale des Français, qui allait voir le jour dès la Libération.

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Aujourd'hui, malgré des disparités criantes en termes de qualité des soins et un déficit de 9,1 milliards d'euros, la vieille dame, qui a surmonté nombre de mutations sociales et autant de réformes, est toujours debout et vient de souffler sa 71e bougie. Un anniversaire qui résonne tout particulièrement alors que le premier tour des récentes primaires de la droite a consacré la rigueur et l’austérité d’un programme, dans un contexte de baisse drastique des dotations de l’Etat.

En attendant la mort de l’Etat providence ou la fin imminente de l'épopée, on peut toujours aller voir le film de Gilles Perret en salle ou encore lire ces mots sur le portail du service public de la Sécurité sociale : « Vivre mieux, vivre plus, vivre ensemble », comme une possible définition de la vie commune débutée il y a bien longtemps entre les Français et leur système de santé. #Santé #Société