Lovella Ellis, des titres forts, une voix de femme, toute en sensibilité et en finesse, des textes chargés de sens, qui portent un message à l'image de cette artiste, humble, sage, séduisante, accessible, d'une gentillesse désarmante. Un reggae de douces vibrations, un style, qui s'inscrit dans la lignée des pionniers de cette #Musique, hymne à la négritude et au combat des masses opprimées. Une musique, qui berce, enveloppe, comme un sparadrap sur des réalités quotidiennes oppressantes. Un espace aérien, qui ouvre sur la beauté, une intériorité forte, un havre où il est bon de se poser et se re-poser.

Raconte-moi, ce qui t'a poussée à faire de la musique et précisément du reggae?

J'ai toujours aimé chanter, à l'abri, derrière mes murs, j'écoutais des artistes de Rnb, mais je n'aurais jamais pensé à l'époque qu'un jour j'en ferais mon métier. J'ai formé un groupe, avec lequel je me suis produite pour une unique représentation. Puis j'ai fait la connaissance de J. Thompson, MFW Management, nous avons enregistré quelques reprises de chansons de mon père en version Rnb. J'ai écrit deux chansons inédites, c'est alors que mon père m'a demandé de l'accompagner en studio et de les enregistrer sur des mélodies reggae.

Tu as remporté le Best British Female Reggae new comer 2013. Que t'inspire cette reconnaissance du milieu professionnel?

Lorsque j'ai gagné cette distinction, j'étais vraiment surprise, parce que je ne m'y attendais pas du tout.

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J'ai ressenti un choc et une excitation en même temps. C'est tellement agréable que la profession m'accueille, me légitime et reconnaisse la valeur artistique de mon travail.

Etre le fille du talentueux Alton Ellis, l'une des plus belles voix de la scène reggae, est-ce un avantage ou un inconvénient? Ressens-tu une certaine pression, en tant qu'artiste?

C'est un peu des deux, dans certains aspects. Parfois, les gens attendent de moi que j'officie et que je reproduise exactement ce que mon père faisait, ce qui me fait sourire. Parce que je suis une femme et parce que je suis la fille d'Alton, les gens pensent que les choses coulent de source ou me sont facilitées. Au contraire, je dois me battre et travailler dur pour être reconnue comme une artiste. Je suis consciente que j'ai encore beaucoup de chemin à parcourir.

Que penses-tu de la condition d'un artiste reggae, à Londres et plus généralement en Occident?

Londres brasse un melting pot impressionnant, je pense que le milieu artistique doit soutenir et porter les jeunes nouveaux talents vers la scène de l'industrie musicale. Il y a de bons artistes au Royaume-Uni et je pense qu'ils ont grand besoin de déployer leurs ailes, ils n'ont malheureusement pas la reconnaissance qu'ils méritent. Depuis quelques années, l'Europe diffuse la culture reggae, via des festivals, etc..., ce qui contribue à répandre plus largement le mouvement reggae à travers le monde

Est-il possible de vivre de sa musique, surtout quand on fait du reggae?

Non, je pense que la musique reggae est peu médiatisée, ce qui représente un réel frein pour la carrière des artistes. C'est pourquoi ces artistes ont tout intérêt à se produire dans les festivals, comme je l'ai dit précédemment. Ce que les gens doivent savoir c'est que le reggae vit et qu'il y a des places fortes pour le Dancehall. Les lyrics de certains artistes ont stéréotypé les différents courants, ce qui a causé un impact énorme sur la musique reggae dans son ensemble.