Game of Thrones, adaptation géniale d’une série de romans Le Trône de fer  écrite par George R.R. Martin, est sans nul doute possible la meilleure série qui ait jamais été réalisée jusqu’à présent. Son titre initial en anglais A Song of Ice and Fire possède tous les ressorts d’une épopée culte et tous les fans attendent impatiemment la prochaine saison de la série la plus téléchargée au monde. Il semblerait même que George R.R. Martin soit plus ou moins sous pression pour ce cinquième opus qui s’annonce comme étant l’évènement de l’année 2015. Il faut dire que notre auteur est très sollicité pour écrire la suite et ne peut pas aller plus vite que la machine, surtout lorsque l’on sait que les tomes des ouvrages sont plutôt épais. Beaucoup de reproches ont été faits concernant la violence de cette série ainsi que les scènes de sexe ou de viols qui servent sans équivoque la crédibilité de l’histoire et du scénario. L’auteur se défend de ces critiques en expliquant que la violence et les viols ont toujours eu lieu dans les guerres, des Sumériens jusqu’à nos jours et chaque scène est justifiée. Avec un budget entre 50 à 60 millions de dollars pour la première série, la réalisation est superbe et on a l’impression de voir un film spectaculaire à chaque épisode. Une petite pensée tragique pour les séries françaises qui ont vraiment du pain sur la planche… Game of Thrones est tellement passionnant qu’il est désormais étudié en cours de Littérature aux États-Unis tant les structures de romance et de tragédie y sont présentes. L’ouvrage met en valeur tous les champs sémantiques de la guerre, du complot, de la trahison, de la politique, de la religion et de l’absolue fascination de l’homme pour le pouvoir. En mettant en exergue tous les aspects sombres de l’âme humaine comme l’obsession, l’inceste, la luxure, le meurtre, la perversité, Game of Thrones brille là où tous ont échoué : le réalisme. On ne peut être qu’envoûté par cette réalisation shakespearienne qui combine aussi bien les ressorts de l’empire romain moderne que la real politique. Le succès de Game of Thrones ? Une multitude de choses tirée au cordeau… Tout d’abord, un casting impeccable avec une idée géniale et tout à fait originale, placer au centre de l’intrigue un personnage nain à l’intelligence redoutable et au charisme cynique, évidemment on adore. Les acteurs sont mythiques et les actrices d’une beauté à couper le souffle (mention spéciale à la femme rouge, Mélisandre d’Asshaï, que la beauté sublime au fur et à mesure qu’elle devient perverse). Les dialogues savoureux (à déguster en version originale avec les voix anglaises) animent une intrigue parfaite composée de scènes d’anthologie comme l’assassinat de Robb Stark lors de la nuit des noces ou bien le combat entre le Prince de Dorne et La Montagne. L’attaque du Mur par les géants est également superbe. HBO, la chaîne qui diffuse Game of Thrones a confié la réalisation à David Benioff et D.B. Weiss. Elle a également choisi David J. Peterson, un spécialiste de la création de langue, pour développer le dothraki, la langue fictive des guerriers nomades de la série. Il est composé de 1800 mots, d'une structure grammaticale complexe et détermine définitivement l’étrangeté de cet univers de fantaisie médiévale. Les personnages sont parfois d’une cruauté absolue comme Ramsey Snow qui inflige des tortures insoutenables à Theon Greyjoy ou bien Joffrey Baratheon dont le profil psychopatique est extrêmement bien réalisé. Il est très difficile d’évoquer tous les personnages tant il y en a, comme dans un roman russe avec de multiples portraits et une architecture scripturale complexe ; toutefois j’attribuerais une mention spéciale à l’acteur Aiden Gillen qui joue le rôle de Lord Petyr Baelish. Son jeu est fantastique et quelque chose me dit que ce personnage va prendre de plus en plus d’importance. Un point en particulier pourrait être souligné concernant cette belle ambiance mystique qu’apporte la Garde de Nuit et qui donne énormément de relief à certains épisodes. On imagine que George R.R Martin s’est inspiré des Templiers pour donner vie à cet ordre dévoué à la protection du royaume, guerriers à la foi inébranlable et aux vœux éternels. La magie et le fantastique interviennent toujours à des moments clefs et de façon ponctuelle, ce qui les rend encore plus spectaculaires. Les dragons, la magie de la femme rouge, les marcheurs blancs ou bien les géants ne sont que les extrémités mystérieuses d’une toile tissée du quotidien banal pour les gens du royaume. C’est donc un tableau sombre et réaliste qui prend le dessus et immerge littéralement le spectateur dans un univers de dureté pour son plus grand plaisir. L’aspect social et inhumain n’est pas sans rappeler notre société, l’aventure en moins… La grande étoffe de ce film se drape dans le fait d’oser mélanger un univers moyenâgeux avec les décors d’un théâtre grec. Le résultat est bluffant surtout lorsque l’on passe d’une forêt européenne à un temple antique en plein désert. On ne s’ennuie jamais et on se laisse conter l’histoire dans des décors grandioses. Le sexe et l’esthétique sont toujours présents, la poésie en plus dans certaines scènes. Évidemment, on adore. #Séries TV

Il ne faut pas oublier la superbe musique de Ramin Djawadi qui telle une danse hypnotique prépare l’aficionado à chaque début d’épisode ; c’est rythmé, aux accents celtes et exotiques, les tambours de guerre en fond, le jingle est juste parfait. Le jeu des acteurs est véritablement un régal, notamment pour Peter Dinklage qui joue le rôle de Thyrion Lannister et qui semble être au centre de l’échiquier. Il y a fort à parier que la prochaine saison risque d’être sanglante et pleine de rebondissements, on adore encore. En 2013, la Writers Guild of America a nommé la série Game of Thrones 40ème des 101 séries les mieux écrites de l’histoire de la télévision et très honnêtement, il me semble qu’elle mérite très largement la première place pour le moment. Meilleure série télévisée du monde ? À cet instant, c’est une évidence.