Il a suffit d'un son, un "ding dee ding" reconnaissable entre mille pour provoquer l'hystérie dans un stade de Glendale en Arizona. Un parfum de nostalgie des années 2000 sur lesquelles Melissa "Missy" Arnett régna de succès en succès, gardant son mystère et s'entourant des meilleurs.

Car si hier, les Etats-Unis fêtait leur grande messe annuelle orchestrée par la NFL, les yeux du monde restaient grands écarquillés pour le show de la mi-temps, un de ses moments de grâce sponsorisé par Pepsi ou les stars se plantent (voir le "nipplegate" de Janet Jackson en 2004 ) ou rentrent dans l'histoire. Hier donc la popstar Katy Perry assurait le show titanesque, frisant parfois le ridicule et l'indigestion visuelle, juchée sur un lion mécanique géant et s'égosillant sur ses plus grands tubes.

Publicité
Publicité

Après avoir fait venir Lenny Kravitz pour la chanson "I kissed a girl", Miss Perry avait "invité" une des dernières géantes du rap, enfin une revenante: Missy Elliott.

Après la performance la rappeuse a inondé son compte twitter de remerciements et de gratitude quasi religieuse comme soulagée d'avoir passer le test, celui d'un retour attendu, après une traversée du désert médiatique et artistique. Car si elle faisait la pluie et le beau temps au début des années 2000 signant des tubes planétaires et des albums sacrés par le public et la critique (Under construction et This is not a test ), elle avait doucement sombré dans l'oubli, certainement dépassée par l'emballement du star système et l'auto-promotion permanente dans laquelle les artistes sont jetés en pâture à un web impitoyable et ne sont désormais plus vraiment en contrôle de leurs carrières.

Publicité

Hier donc, il n'était pas question de se rater.

En effet si au début du 21ème siècle on ne jurait que par elle, il fallait hier soir reconquérir un public jeune, néophyte des années de grâce du hip-hop, et rien de mieux pour cela que de jouer sur la mélancolie, pas de nouvelles chansons donc, juste les classiques : Get ur freak on, Work it et Lose control. Missy avait créer son style, et hier la marque de fabrique était présente, un rythme nerveux et saccadé une chorégraphie mécanique et cette tenue de sportive dominatrice. Car en installant l'uniforme brillant du survêtement et ses clips surréalistes elle avait osé déconstruire les codes du rap américain, et grâce à son culot elle avait gagné le respect et l'admiration de ses pairs.

Dans un monde du rap plus machiste que féministe, Missy Elliott en imposait: autodidacte , grande-gueule et cultivant le mystère autour de sa sexualité, elle a fini par imposer sa singularité. Multipliant les casquettes elle s'est épanouie comme productrice, pleurant sa protégée Aaliyah tout en découvrant Ciara.

Publicité

Cette fille de militaire qui a souffert de la violence paternelle a emmené le girl power jusqu'au sommet du rap, un exploit. Même si hier certains étaient confus de ne pas connaitre "cette Missy", le monde a assisté à une résurrection, celle d'une artiste inclassable et hors du commun. On en redemande. #Musique