Norman, Cyprien, Hugo tout seul ou encore Natoo et Sandrea. Autant d'illustres inconnu(e)s passés sous la lumière en postant des vidéos depuis leur studio ou leur chambre pas très bien rangée. Ces personnalités du web ont été visionnaires à leur façon. Elles ne se sont pas contentées de simplement aborder le virage #Internet. Elles l'ont habilement utilisé comme une arme. À chaque post ou tweet, ces stars du web engendrent une vague de commentaires et de vues. À tel point que les géants du net leur font les yeux doux.

Des chiffres renversants

Rémi Gaillard : 1,3 milliard de vues pour 137 vidéos. 1,7 million de followers et 2,8 millions de fans Facebook pour Cyprien Iov.

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100 000 € par an pour Norman Thavaud (NormanFaitDesVidéos). Ces chiffres vous donnent le tournis ? Vous n'êtes pas seuls! Pourtant, c'est un fait : de plus en plus de jeunes cherchent à gagner leur vie en faisant des vidéos sur YouTube ou DailyMotion, en les relayant via Facebook ou Twitter et en récoltant les fruits.

De Rémi Gaillard à Squeezie en passant par Betty Autier…

Le précurseur n'est autre que Rémi Gaillard. Tout le monde connaît son slogan : « C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. » Alors qu'il était au chômage, le spécialiste des impostures a multiplié les mises en scène drôles. Entre son entrée remarquée lors d'un match d'exhibition entre Yannick Noah et Henri Leconte, ce moment où il se fait passer pour un joueur du FC Lorient pour serrer la main du président de la République Jacques Chirac ou encore sa course déguisée en Mario Kart dans la rue, le Montpelliérain de 40 ans a ouvert la brèche.

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Dans son sillage, Cyprien Iov a surfé sur la mode des vidéos en ligne pour se construire une véritable carrière. En 2007, le Varois postait ses coups de gueule et ses tests de jeux vidéos qui faisaient à peine 300 vues. Huit ans plus tard, ses vidéos où il interprète des sketches depuis sa chambre peuvent atteindre 24 millions de vues! « Mes histoires reflètent mon quotidien, explique-t-il à Var Matin. Je raconte les moments où je m'ennuyais à l'école, mon arrivée au commissariat après le vol de mon ordi, le mariage homosexuel de ma cousine... Je raconte tout ça avec mes mots et ça plaît à mon public, qui a 18 ans en moyenne. »

Actuellement, le numéro 1 s'appelle Squeezie. Lucas (18 ans) fait des vidéos pour les fans de jeux vidéos. « J'adore me marrer devant les jeux, explique-t-il. Donc si je peux vous faire marrer par la même occasion, c'est plutôt cool non ?! » D'après la société spécialisée dans l'analyse des données YouTube, Social Blade, le gamer français a attiré plus de 921 millions de visiteurs.

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Son nombre d'abonnés dépasse les 3,6 millions.

Bien évidemment, l'humour est une force incontestable pour percer sur le web. Mais certaines blogueuses s'en sortent autrement. En donnant des conseils de mode par exemple. C'est le cas de Sandrea ou Betty Autier qui affirme gagner « entre 300 000 et 500 000 euros par an » avec le Blog de Betty qu'elle fait vivre depuis 2007. Avec 50 000 visiteurs uniques par jour, la trentenaire s'est construit une jolie réputation. À tel point que IMG Models, agence de mannequinat internationale, l'a engagée. Sur le modèle des vidéos, Bethany Mota est devenue une véritable star mondiale après ses vidéos sur ses cheveux et son maquillage…

Les jeunes tentent leur chance

Cette véritable folie du web suscite des vocations. C'est le cas pour Valentin Lobjois, jeune lycéen de Laon (18 ans) qui souhaite devenir gendarme et réaliser des vidéos en extra. Sur « Valentin et ses conneries », l'adolescent a totalement compris le concept et publie à son tour des vidéos courtes humoristiques. « J'adore faire rire les gens, mon entourage, mes amis et je me suis dit 'Pourquoi pas ?', justifie-t-il. J'ai créé ma page il y a trois mois. Une amie, Caroline, m'a aidé à partager ces vidéos. Très rapidement, j'ai obtenu un nombre de mentions 'J'aime' très important sur Facebook. »

Son inspiration n'est autre que Norman Thavaud. « Il a un ton et une manière de dire les choses qui me font terriblement rire, sourit Valentin. Ses mises en scène sont très bien ficelées. Je ne suis que lui sur les réseaux sociaux. J'aimerais tellement faire une vidéo avec lui un de ces jours. » Comme lui, ils sont nombreux à tenter leur chance sur ce terrain.

Pour le moment, nul ne peut prédire un ralentissement de ce phénomène permettant à des inconnus de devenir célèbres grâce à une caméra et des clics. La tendance est, au contraire, à l'accélération. #Jeux vidéo