Les Japonais ne sont pas convaincus par le choix de la nouvelle Miss #Japon. Elue en grandes pompes le 12 mars dernier à Tokyo, Ariana Miyamoto, 1m73, est la première métisse à gagner ce grand concours national au pays du soleil levant. Née d'un père afro-américain et d'une mère japonaise, le métissage de cette jeune femme de 20 ans divise la population japonaise à tel point que certains la considèrent comme une "demi-japonaise", à moitié japonaise, ou encore une étrangère.

Traitée de « hafu »

Remettant en cause sa double origine, les Japonais la nomment "hafu" (mot bâti à partir de celui de "half" qui signifie à moitié en anglais).

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Parmi les 44 participantes inscrites au concours, les Nippons auraient ainsi préféré que l'heureuse élue soit une pure japonaise. Devant faire face à ses nombreuses critiques dans la presse et sur les réseaux sociaux, Ariana Miyamoto a déclaré se sentir japonaise bien qu'elle reconnaît ne pas correspondre aux critères physiques types d'une vraie nippone.

Née à Sasebo dans le sud du Japon, diplômée en calligraphie japonaise, cette fan de moto et de volley n'est pas l'unique cible des habitants du Japon en raison de sa double culture. Au-delà du cas d'Ariana Miyamoto, ce pays asiatique a du mal à accepter dans leur territoire la double culture de certaines personnes. D'autres « hafus » sont victimes de discriminations aussi bien dans le monde du travail qu'à l'école.

Accepter les différences

Pour contraster avec ses propos, d'autres ont adressé des messages de soutien et élogieux envers la nouvelle Miss Japon : mise en avant de son élégance, ses grandes jambes, sa parfaite dentition, son magnifique sourire.

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Preuve qu'il existe de la tolérance et une ouverture d'esprit. Peu importe pour Ariana Miyamoto, cette controverse ne l'atteint pas. Elle représentera le Japon au concours Miss Univers en janvier 2016.

La nouvelle miss Japon compare même son histoire à celle de la chanteuse Mariah Carey, une des artistes qu'elle admire : « Elle a traversé beaucoup de difficultés avant de devenir une chanteuse populaire. Elle a dû faire face à des obstacles raciaux, comme moi, mais elle les a surmontés et est devenue une star. Elle a eu une grande influence sur moi ».

Pour dénoncer et soulever ce problème de discrimination au Japon, Megumi Nishikura et Lara Perez Takagi, deux réalisatrices aux origines culturelles diverses, ont travaillé sur le documentaire "Hafu" en 2013. Dans leur film, elles mettent en lumière la mixité raciale et culturelle qui existe au Japon et ce afin de faire évoluer les mentalités.