Chaque génération apporte son lot de souillures à l’histoire de l’humanité. La mienne connaît l’infâme déshonneur d’être celle qui aura permis l’émergence d’une vermine des plus abjectes : la télé-réalité. Jamais la bêtise, l’ignorance, la mesquinerie, n’ont été à ce point vénérées qu’à l’intérieur des émissions de ce nouveau concept télévisuel qui envahit nos écrans telle une pathologie épidémique. Pas un jour ne se passe sans qu’une chaîne-télé ne nous gave de son feuilleton de télé-réalité venant agrandir la plaie béante de la raison, allègrement sacrifiée sur l’autel de la décrépitude de notre civilisation. Et chaque fois qu’un individu est victime de cette pollution cathodique, l’intelligence va en haillons.

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            Exutoire et opium d’une génération nihiliste qui décharge sa misère existentielle dans l’ignorance et le conflit polémique, appelé plus communément « clash », les émissions de télé-réalité deviennent les arènes de notre bas empire. A l’instar des romains qui déversaient leur colère sur les condamnés à mort se livrant un combat sanglant, les jeunes d’aujourd’hui se vident la tête (bien-sûr, il s’agit ici d’une expression, pour se la vider, encore faut-il qu’il y ait du contenu) en se délectant des rixes d’insultes auxquelles s’adonnent les candidats de ces shows télévisés, payés grassement pour respecter le scénario prévu en amont par des producteurs véreux. Ils se piffrent lamentablement des miasmes verbaux et des diarrhées orales que se crachent à la face cagoles siliconées et éphèbes écervelés, quelquefois tentés par un trait d’esprit, vite fauché en vol par la faux de l’ignorance.

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Las, le psittacisme ne permet pas de faire des étincelles intellectuelles.

            Quelle indignité que de souffrir la contemporanéité de cette jeunesse qui se complait dans l’ignorance dénigrant éhontément la raison, dépourvue de la moindre visée existentielle, de tout projet de construction de son être, s’abandonnant faiblement à ses passions tristes. Bien sûr, je sais qu’elle est autant victime que coupable, née dans un monde à feu et à sang dans lequel il est très difficile de vivre, trainant derrière elle les erreurs de ses ainés. Si je suis aussi dur envers elle, c’est avant tout par désir de provoquer un sursaut d’orgueil salutaire. Orgueil, qu’elle aurait bon ton de retrouver, empêtrée qu’elle est dans la vanité qui l’incite à aduler des starlettes du petit écran, vendeuses d’espoir désespérantes.

            La télé-réalité doit aussi son succès fulgurant au déclin de l’attrait de la pornographie chez une génération 2.0 qui peut y avoir accès gratuitement en permanence sur la toile.

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En reprenant les codes de cette dernière : objectivation de la femme rabaissée à une paire de seins sur pattes, tenues très légères et érogènes, dialogues rudimentaires et scénarios puérils, elle a su la recycler en l’adaptant à la nouvelle demande, afin de surfer sur une vague de pubères ithyphalliques blasés et goulu de voyeurisme.

http://fr.blastingnews.com/societe/2015/07/les-travers-du-courant-feministe-00491095.html

http://http://fr.blastingnews.com/culture/2015/07/ou-sont-les-veritables-artistes-00489605.htmlt.co/e5CQCElKLt?fb_ref=Default #Télé-réalité