Les plus jeunes se demandent sûrement qui peut bien être ce gros barbu que les anciens pleurent aujourd'hui à chaudes larmes. Sans doute n'ont-ils pas eu la chance de s'émerveiller de ses frasques truculentes dans les fameux western-spaghetti dont il fut la figure emblématique.

 

"Mais qu'est-ce donc qu'un western-spaghetti ?", susurrent au creux de mon oreille des voix nasillardes en pleine mue. Ah ces jeunes, il faut vraiment tout leur apprendre. Alors voilà : dans les sixties, l'#Italie a l'idée farfelue de se mettre à réaliser des westerns, genre jusqu'alors propre aux Américains. De l'autre côté de l'Atlantique, les observateurs jugent le phénomène avec sarcasme, considérant ce type de films comme un sous-genre, et les rebaptisent western-spaghetti.

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N'en déplaise à certains, Bud Spencer et son acolyte Terence Hill (nom d'emprunt de Mario Girotti) ont laissé une trace de sauce tomate dans le grand livre du #Cinéma, au chapitre western. Ils influenceront les codes du genre à travers plus de dix-huit films, dont certains devenus cultes, comme "On l'appelle Trinita" : tous les quadras n'ayant pas grandi au fond d'une grotte se souviennent probablement de ce chef-d'oeuvre avec une joviale mélancolie. Bud apparaît également dans quelques comédies populaires, thrillers ou films d'auteur.

 

La coutume de l'époque encourage les acteurs Italiens à emprunter un nom de scène à consonance anglo-saxonne. Mais si Carlo Perdersoli a changé de nom pour celui de Bud Spencer, ce n'est pas uniquement en raison de son faible pour la célèbre bière américaine Budweiser.

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Grand fan de l'acteur Specer Tracy, il décide de fusionner ses deux passions à travers un seul et même pseudonyme.

 

Ses premières heures de gloire, Bud les vit en barbotant. En dépit des apparences, il connaît d'abord une carrière de nageur de haut niveau, remportant sept titres nationaux, deux médailles aux Jeux méditerranéens, et il participe aux Jeux Olympiques de 1952 et 1956, sans toutefois parvenir à se hisser en finale du cent mètres. Il avouera lui-même que son manque de rigueur ne lui permit pas d'atteindre les sommets de la discipline.

 

Chanteur à ses heures perdues, Bud Spencer affirme sa volonté de toujours monter plus haut en obtenant ses brevets de pilote de jet et d'hélicoptère. Il s'essaye également en politique et se présente aux régionales de 2005 sur la liste de Francesco Storace, candidat de Forza Italia, parti de centre-droit de Sylvio Berlusconi. Sans succès.

 

Avec Terrence Hill, ils ne s'estimaient pas suffisamment considérés dans l'univers cinématographique, car malgré une forte popularité auprès des jeunes, ils ne parvinrent jamais à effacer l'étiquette d'acteurs de série B gravée sur leurs fronts.

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Boudés par les professionnels du cinéma, ils ne reçurent jamais aucune récompense, ni même la moindre invitation à un quelconque festival. Probablement pas un hasard si les deux compères se sont pour la première fois rencontrés sur le tournage de... "Dieu pardonne, moi pas".

 

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