Télé-réalité, voilà un terme qui a fait, et qui fera encore couler, durant de longues années, des litres, que dis-je, des citernes et des citernes d’encre. En ces temps de pénurie de carburant, j’en connais plus d’un qui n’aurait pas hésité à siphonner les réservoirs de nos beaux stylos d’antan, et/ou, modernité oblige, de nos cartouches d’imprimantes, tant il est évident que ce liquoreux liquide, qui fut déversé sans modération sur des kilomètres et des kilomètres d’articles, ressemble, par bien des aspects, à celui que l’on aimerait faire ruisseler dans nos autos.

 

Si la télé-réalité traîne derrière elle une réputation à la hauteur du déferlement de critiques acerbes dont elle fut la victime dès son apparition sur nos écrans, il n’en reste pas moins certain que cette terminologie mériterait quelques nuances, tant il est évident que l’on ne peut, et on ne doit, la réduire au ballet aquatique d’un Marineland improvisé, qui voit s’ébattre dans son grand bassin, deux spécimens qui s’acharnent à justifier le bien fondé d’un casting, qui a décidé de les mettre sous la lumière des projecteurs d’un programme télévisé.

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Bien que qualifiée de programme de télé-réalité, l’émission Pawn Stars est aussi, et surtout, une émission à laquelle on peut adjoindre en toute objectivité le terme de documentaire.  Diffusée depuis l’année 2009 aux Etats Unis sur la chaîne History Channel, elle fait aujourd’hui les beaux jours de notre TNT (plus de 400.000 téléspectateurs en moyenne, soit 2.3% de part de marché).

 

Après la chaîne Planète, ce sont les chaînes D17 et D8 qui diffusent depuis 2015 ce singulier programme télévisé, dans lequel les téléspectateurs sont invités à découvrir le quotidien d’une boutique de prêt sur gage. Située à Las Vegas, cette boutique, nommée GOLD & SILVER PAWN Shop, vous entraîne dans les méandres quelque peu singuliers d’un monde fait de négociations financières et d’expertises tout autant techniques qu’historiques.

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Outre son caractère ludique et instructif, cette émission vous séduira, tant il est évident qu’elle est portée par des personnages particulièrement charismatiques. Rick Harrison et son père Richard Benjamin Harrison dit "Le vieux" ; Corey Harrison dit "Big hoss", fils de Rick Harrison, Austin Russell dit "Chumlee", ami d’enfance de Corey, et pour finir, pléthore d’experts en tous genres dont les interventions n’ont d’égales que la qualité de leurs estimations.   

 

Négociations financières finement orchestrées, sommes d’agent engagées ahurissantes, expertises très précises, le tout saupoudré de quelques chamailleries dignes des meilleurs sketches, tel pourrait être le pitch de ce programme. Cependant, ce serait certainement omettre le principal, à savoir que tout ceci n’est certainement qu’un prétexte afin que l’on puisse s’abreuver sans même nous en rendre compte, d’une culture qui, par l’expertise d’un objet, nous ouvre les portes d’un univers fait d’Histoire, d’Art, de sociologie, d’ethnologie…

 

Si une question peut être posée sur ce programme, ce serait certainement celle qui nous interrogerait sur la, ou les raisons, qui pourraient expliquer qu’une émission de ce type rencontre aujourd'hui un tel succès.

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Loin de moi le désir de me la jouer sociologue, mais à bien y réfléchir, n’y aurait-il pas dans tout cela, un 'je ne sais quoi' qui pourrait nous laisser penser que la situation économique de notre pays n’est pas étrangère à tout cela ? Un programme de ce type ne véhiculerait-il pas un subliminal message qui pourrait nous laisser espérer que nous aussi, nous avons peut-être dans notre grenier, un objet dont la valeur expertisée pourrait nous révéler d’agréables, et non moins sonnantes et trébuchantes, surprises ?

 

#Séries TV #Télévision #Télé-réalité