On l’avait remarqué, lors de sa garde à vue, Jean-Marc Morandi s’était abstenu de commenter, sur son blogue-notes, ses tribulations judiciaires. Là, ce samedi soir, il laisse la parole à ses avocats. Mes Céline Lasek et Patrick Klugman se sont adjoints Me Axelle Schmitz, qui intentera « toutes les actions judiciaires (…) contre ce journal [les Inrocks] et contre les médias reprenant ces fausses informations ». Quelles sont-elles donc ? Que #Jean-Marc Morandini est placé sous #contrôle judiciaire. C’est parfaitement exact, mais « Jean-Marc Morandini peut librement se déplacer hors du territoire national, il doit simplement en informer les autorités », précisent ses avocats.

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De surcroît, l’animateur n’aurait pas créé des centaines de profils sur les réseaux sociaux, juste « quatre comptes Twitter professionnels, Morandiniblog, Morandinisanté, Morandinifrance et Les Faucons ». Il n’est pas non plus contraint de rester à l’écart de mineurs, mais « d’exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs ».

Nuances, nuances

C’est bien sûr pour avoir accès à son dossier d’instruction que Morandini a été très volontiers entendu 48 heures par la brigade des mineurs. Il en est sorti « soulagé » de devoir risquer sept ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende puisque la corruption est assortie de circonstances aggravantes (mise en contact via un réseau de communications électroniques). Les avocats du mis en examen ne démentant pas que Quentin Surtel, de la série « Les Faucons », n’a été déclaré que pour quatre heures sur près de 36 heures de tournage, et que le parquet a confié à la BRDP une enquête pour « harcèlement sexuel [sur majeurs] et travail dissimulé », comme le relate Fanny Marlier dans Les Inrocks, c’est en toute bonne foi que nous considérons cet élément véridique, constant, puisque non contesté par les parties (en tout cas dans le communiqué).

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Tout comme il n’est pas dénoncé que l’animateur n’aurait pas du tout envisagé d’adapter le film Ken Park de Larry Clark, film que le Conseil d’État avait frappé d’une interdiction en raison d’une « scène particulièrement crue [et] d’autres scènes qui représentent (…) des adolescents en mêlant sexe et violence ». Bref, puisque « Jean-Marc Morandini reste serein et combatif », tout va bien.

Combatif, jouant la montre

Le communiqué des avocats se conclut en évoquant « une information judiciaire qui va durer encore de longs mois, voire des années » pendant lesquel(le)s il restera présumé innocent. Mais pourquoi donc une si longue instruction ? Parce que sa défense va demander et obtenir de multiples actes de vérification, confirmation, infirmation… voire de rétractation (de plaintes) ? Combatif et jouant la montre, Morandini, comme il le disait lors de sa conférence de presse : « les Inrocks font les chiottes », se rebiffe. Et puisqu’il a le total soutien de ses admirateurs, tel JB78, 18 ans, qui lui souhaite « bon courage pour la suite, on attend votre retour avec impatiente (sic, ou le surnom de son petit copain ?) », tout va très bien, monsieur le petit marquis de l’audimat, tout va très bien, tout très bien… Et puisqu'il ne faut pas que l'on vous dise, laissons à la justice le soin de le faire.

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#corruption de mineurs