Virtual Revolution : #Interview de son réalisateur. Ne manquez pas la première et la seconde partie de l'interview !

 

Le système français est-il différent du système américain ?

En France, un producteur ne se lancera jamais dans la production d'un long-métrage s'il n'est pas déjà pré-acheté par une chaîne de télévision. Donc, dans les faits, la plupart des producteurs, hormis quelques exceptions comme Besson ou Mandarin, font des télé#Films qui n'en portent pas le nom, puisque ce sont les chaînes qui décident de leur ligne éditoriale, et non eux-même. Les films en France sont financés quasi intégralement par les préachats chaînes et les multiples subventions.

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Il n'y a donc plus de notion d'investissement privé et donc de prise de risque. C'est ce qui différencie la France des USA, par exemple. Et nous sommes partis sur une logique américaine.

 

Pensez-vous que la prise de risque est ce qui manque à la France pour pouvoir entrer dans ce marché ?

Je pense que c’est l’un des problèmes en France. Le producteur est à la base par définition un preneur de risque, ce qui est rare en France. Les télé françaises sont en retard sur les télé américaines, même si certaines chaînes commencent à prendre des risques intéressants. Et l'arrivée de Netflix ne peut être que positive. Mais encore une fois, les producteurs ne devraient pas se limiter aux lignes éditoriales télévisées, et viser directement le public plutôt que la direction des chaînes.

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Les gens n’ont pas cru à votre projet. Était-ce votre première œuvre ?

Non, j’avais déjà réalisé le court métrage « Cassandra », qui a remporté 105 sélections et 58 prix. C’est le court-métrage le plus primé historiquement dans sa catégorie (médiéval fantastique). Mais cela n’a eu aucun impact pour les investisseurs. Ça m’a servi car j’ai pu tester des choses artistiquement, valider certaines choses, et monter mon équipe. Mais cela ne m’a rien apporté en terme financier.

 

Il est vrai que le public français est friand de science-fiction, et malheureusement, on ne voit pas beaucoup de film français égalant les productions américaines.

C'est d'autant plus triste et étonnant que pendant des décennies, la France a été un fer de lance de la science-fiction. Melies, Barjavel, Moebius, étaient tous Français. Mais par snobisme, on s'est mis à rejeter le genre pendant longtemps. Les tentatives intéressantes en France existent, mais sont rares (Le 5ème Élément, Immortel, Renaissance…).

 

Combien de temps avez-vous mis pour écrire le scénario ?

Un mois pour le mettre par écrit.

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Mais plus pour le préparer. En fait, personnellement, le plus gros dans l'écriture d'un scénario, je le passe allongé dans un lit, à me repasser en boucle le film, jusqu'à ce que j'aie l'intégralité du film dans ma tête. Une fois que c'est fait, j'écris la structure dans un synopsis détaillé de 2 pages. Si je suis satisfait, là j'attaque le scénario, et ça, ça va me prendre 3-4 semaines seulement. Ceci dit, un scénario continue de se peaufiner jusqu'au tournage.

 

Et concernant la distribution ?

Au niveau des salles, nous allons avoir un démarrage limité mais correct. A Paris, nous avons deux salles seulement, mais il s'agit de très belles salles (le Lucernaire, et le Publicis Champs Elysées). En province, nous avons quelques salles, mais ce qui est encourageant est que nous avons plusieurs contacts qui attendent les résultats de notre première semaine. Si les ventes de billets sont bonnes, notre nombre de salles pourrait augmenter très fortement. CGR a ainsi joué le jeu de nous mettre à l'essai dans deux villes différentes, Pau et Poitiers, pour observer les résultats avant d'aller plus loin. Et des programmateurs commencent à nous contacter, après avoir reçu plusieurs demandes d'exploitants de nous programmer. Donc, la tendance est très positive. Maintenant, tout dépendra du niveau de fréquentation des salles dès la première semaine.

 

Sortira-t-il une version 100% française ?

En salle, il ne sortira qu'en anglais sous-titré français. En DVD, pour la télévision et la VOD, il y aura probablement une version doublée, mais cela dépendra du distributeur avec qui nous signerons.

 

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  #Cinéma