#Christophe Hondelatte a qualifié Morandini de « pervers » et de « gros dégueulasse ». Ce lors de l’émission ONPC. De quoi faire réagir les avocats de l’animateur intérimaire d’iTélé/CNews. Mais c’est sur son blogue-notes que Morandini a préféré répliquer, sans doute pour attirer des commentaires en sa faveur une nouvelle fois. Hondelatte avait ajouté : « Ça a été un très bon animateur, mais ce n’est pas un journaliste (…) il a voulu faire le chemin qui le conduisait au journalisme, mais il n’y est pas arrivé. ». La réponse de Morandini est indirecte avec un sujet titré « Quand Hondelatte faisait des clins d’œil à un meurtrier en prison à la fin du journal de 13 heures de France 2 ».

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Car Hondelatte fut visiteur de prison… Et effectivement, il avait adressé un « gardez la pêche » à ce condamné (de 24 ans à l’époque) pour l’assassinat de ses parents adoptifs. Le blogue-notes reprend diverses affaires moins publiques : Hondelatte serait prompt à s’emporter contre ses collaborateurs et sujet à des « crises d’hystérie » deviendrait « incontrôlable ». Mais contrairement à ce que Morandini espérait, cette fois, les commentaires sont beaucoup plus mitigés. « Le mec est en prison (…) contrairement à d’autres qui sont dehors en toute impunité », rétorque Greenday2013. « Tant qu’on parle d’Hondelatte, on ne parle pas (…) d’annonceurs qui fuient », remarque Bobbycharlton, sans doute en allusion aux recettes publicitaires d’iTélé depuis le retour de Morandini Live. L’émission a été suspendue le temps de la grêve de la rédaction de la chaîne, mais son devenir est lié à l’audience qui, même si elle devenait convenable, n’attire pas autant d’annonceurs que (fort mal) prévu.

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« Il a sûrement un très mauvais caractère mais (…) dit des vérités sur Audrey Pulvar qui est une véritable teigne », rétorque Oiseaubleu : Pulvar, comme Laurence Ferrari, a soutenu Morandini en invoquant la présomption d’innocence ; mais Ferrari soutient néanmoins les grévistes en souhaitant la reprise du dialogue avec la direction (« Je partage les interrogations sur la place de #Jean-Marc Morandini »). « Il [Morandini] aurait dû attendre d’être blanchi par la justice », estime Potiron. Dans l’humour grinçant, Athis se démarque : « Bientôt on demandera au pape François de sanctifier le martyre Morandini ; il a déjà le goupillon sorti. ». Bref, Morandini obtient ses soutiens habituels, mais s’expose aussi à de nettes critiques.

Jean-Marc Bourdin chiromancien ?

Un qui a eu un peu de flair, s’il n’est chiromancien tirant les cartes du destin, c’est le journaliste Jean-Marc Bourdin. Samedi, sur France 5, au cours de C l’Hebdo, il a estimé que Vincent Bolloré allait « virer » Morandini : « c’est presque fait », a-t-il ajouté.

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Morandini n’est que suspendu et évincé de l’antenne provisoirement, mais les annonceurs décideront. « Monsieur Bolloré est lamentable ! Il a commencé à tuer Canal+, il est en train de tuer iTélé », considère Bourdin. C’est oublier que le groupe Bolloré a d’autres ressources et qu’il peut supporter aussi, depuis plus de 10 ans, le déficit du gratuit Direct Matin. Dans Complément d’enquête (France 2), en avril dernier, d’anciens journalistes du titre ont narré comment le titre soutenait les entreprises du groupe Bolloré comme Autolib. Ou soigne les partenaires comme la RATP et les chefs d’États africains. Pour Vincent Bolloré, les médias « ne sont pas une fin en soi (…) c’est un outil pour ses affaires ». Des affaires qui ont parfois besoin de l’appui d’anciens, actuels ou futurs ministres de l’Industrie ou des Affaires étrangères. Direct Soir, lancé fin 2006, arrêté fin 2010, n’a jamais non plus été bénéficiaire. Canal+ devrait atteindre un déficit de 26 millions en 2016, et si on fait les comptes des affaires de presse de Bolloré, la perte globale est sans doute colossale… L’important est peut-être qu’un Morandini et d’autres ne s’en prennent jamais trop fort aux politiques (sauf peut-être aux déchus pour longtemps), aux partenaires du groupe Bolloré. #Vincent Bolloré