Peu loquace jusqu'alors, Pascal Papé, le deuxième ligne du Stade français et ex capitaine du XV de France de rugby, a décidé de livrer ses joies, mais aussi les parties les plus sombres de sa vie dans Double jeu, chez Michel Lafon. Garder un secret, Pascal Papé sait ce que cela veut dire. L'un des plus doués des joueurs de sa génération aura pratiquement disputé toute sa carrière avec ses secrets, ses démons avant de se décider à se lâcher, comme dans une forme d'exutoire médiatique. De ce passé, le joueur dont le club formateur fut Givors, dans le Rhône, n'avait pas à avoir honte. Et pourtant combien il lui fut difficile de vivre, jusqu'à ses 18 ans avec le nom de sa mère biologique.

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Un nom si lourd à porter. Pourtant, alors qu'il avait été adopté par un couple aimant, la justice l'obligea à rencontre cette mère biologique une fois par mois. Un véritable calvaire dont ce gaillard d'1,95m pour 120 kilos ne s'est jamais remis. Il explique avoir, encore, les odeurs de ces "entretiens" avec celle à qui il n'avait rien à dire. Avec une grande élégance, il dédouane pourtant, autant qu'il le peut, cette "Josette Bardon" (nom d'emprunt) qui boit, qui se drogue et qui se prostitue. Il lui reconnait comme circonstances atténuantes de véritables troubles psychologiques. Avant la naissance de Pascal Papé, un autre garçon était né, lequel fut défenestré par l'un des compagnons de sa mère.

Pascal Papé, une force de la nature rattrapé par ses démons

Avec une carrière de rugbyman exceptionnelle qui l'a vu disputer dix campagnes de tournoi des six nations, les championnats nationaux de Bourgoin au Stade français, une finale de Coupe du monde contre les All-Blacks, il ne pouvait plus rien arriver à cette force de la nature.

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Mais Pascal Papé est avant tout un homme. Une blessure contre l'Italie dans le Tournoi des six nations 2013, le dos en compote, l'homme doute. Et la "bête" craque. Il pense à mettre fin à ses jours, passe à l'acte et doit être conduit dans un hôpital psychiatrique. Ses vieux démons le rongent. Il ne peut pas voir quelqu'un se retourner sur lui sans penser que, peut-être, cet inconnu sait ! Qu'il sait que son nom n'a pas toujours été "Papé", qu'il a été placé quelques temps à la DDASS, que sa mère biologique était pour le moins légère. Alors, il y a des mots qu'il ne supporte pas. Des injures qui prennent une autre signification comme ces "fils de pute" lancés par des gamins dès son plus jeune âge. Des gamins qui ne savaient rien du passé de Pascal. Mais quelques-uns le payèrent d'un nez cassé. Pascal localise Givors comme ville de son premier "trophée", ses parents adoptifs habitant Vernaison à quelques enjambées de là. Sur les terrains aussi, l'homme si silencieux en dehors, aura du mal quelquefois à canaliser ses nerfs, à fleur de peau.

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Alors qu'il raccrochera bientôt les crampons, qu'il reposera son corps trop souvent monté au combat, il était sans doute temps que Pascal écrive ce Double jeu afin de se mettre en paix avec lui-même. Lui qui a tout caché a désormais tout dit. Tout le monde sait. Et personne ne le tiendra responsable de ce dont il n'est pour rien. Les fans de rugby souligneront de deux traits son nom sur la ligne des capitaines courage. Les autres le laisseront vivre. Comme tout le monde. Chacun ayant ses blessures, pas toujours avouables #Pascal Papé #Frédéric Lopez #Télévision