#black mirror, diffusée pour la première fois en 2011 était, à l’origine, l’œuvre de Charlie Brooker, réalisateur anglais de génie : deux saisons comportant seulement 3 épisodes au format assez long et qui ne sont pas liés entre eux par le scénario, c’est-à-dire que les épisodes peuvent être regardés dans le désordre sans entraver la cohérence de la série. Le fil conducteur, néanmoins, serait le questionnement pressant - et oppressant dans la mise en scène - de l’utilisation de la technologie et de ses éventuelles dérives à travers la représentation d’une société futuriste, polarisée et dirigée par l’image et par le digital. La première saison nous offre des scénarii complètement loufoques, propres à l’esprit anglais décalé : un Premier ministre britannique forcé d’avoir des relations sexuelles avec une truie devant être filmées et diffusées à tout le peuple britannique pour libérer une princesse du gotha ; le deuxième épisode traite de l’omni-surveillance d’une jeune femme traquée par des hommes munis de smartphones dans un immense « Parc de Justice » ; le troisième épisode, lui, traite des liens entre cyber-popularité et politique à travers le personnage de Waldo, un ours bleu en image de synthèse dans la course à la présidentielle américaine.

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Ces deux premières saisons sont d’une intensité qui se veut pesante, limite messianique en ce qu’elles prophétisent une société régie par l’image, et qui finit par en être victime. Jusqu’à quel point la technologie nous asservit-elle à notre insu ? Est-elle le révélateur de la part d’indicible que comportent nos vies ? La prochaine saison de Black Mirror sera reprise et diffusée sur Netflix, plateforme de distribution de films et #Séries TV.

Netflix l’américain s’étoffe par la production de nouvelles séries

Avec Black Mirror, la plateforme Netflix n’en est pas à sa première reprise. En effet, House of Cards, série britannique, avait déjà été réadaptée, conservant les mêmes personnages, le même scénario ; The office, Shameless et Skins, toutes britanniques, avaient également été mises à la sauce américaine, avec, il faut le dire, plus ou moins de succès.

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Il semble qu’il se soit passé la même chose avec Black Mirror ; si la saison 3 garde le même ton et explore toujours les parties obscures de la technologie comme unique vecteur de l’image de soi, le scénario est quant à lui plus tiède, moins percutant et moins provoquant. Plus de malaise induit par la mise en scène, malaise qui était la clé du questionnement si troublant soulevé par les précédentes saisons. Cela dit, l’esprit de la série est conservé, elle offre toujours un œil critique, une remise en question de la société de l’image dans un genre dramatique, qui confine au thriller dès le début de cette nouvelle saison. #Télévision