En juin dernier, la nouvelle direction décide de supprimer près de 70 000 postes en CDD. Premier accroc avec les salariés. Souhaitant poursuivre la défiance envers ces derniers, Vincent Bolloré, président du groupe Vivendi, envoyait un second uppercut à la rédaction en installant Jean-Marc #Morandini dans la grille de rentrée. Pour enfoncer le clou, Serge Nadjar devenait à la fois directeur de la chaîne et directeur de la rédaction. Comment se mettre tout le monde à dos en un temps record pour marquer son territoire...

Les journalistes de la chaîne n'ont jamais accepté l'arrivée du très controversé Morandini. Au delà des qualités journalistiques qu'on lui cherche encore depuis près de 20 ans, Jean-Marc Morandini fait l'actualité depuis plusieurs semaines pour une très sordide histoire de "castings troubles impliquant des mineurs qui auraient été victimes d'attouchements" qu'il aurait organisé.

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SI le conditionnel est de mise, c'est bien évidemment parce qu'une enquête judiciaire est en cours. Dans ce contexte, il fallait être aveugle pour ne pas voir que cette arrivée allait provoquer un tollé général. Mais cela, Bolloré n'en a cure...

La goutte d'eau Nadjar

Lorsque le directeur de la chaîne devient directeur de la rédaction, un point de non retour est franchi. Les journalistes sentent que l'étau est en train de se refermer sur eux. En effet, la liberté journalistique prend sérieusement un coup avec cette nomination. La chaîne souhaite contrôler l'intégralité de ce qui est diffusé, programmé ou tout simplement proposé. Une certaine idée du journalisme de propagande mais en version 2.0. Car évidemment, officiellement iTélé a proposé une charte éthique à tous les collaborateurs afin de pouvoir prétendre à l'indépendance journalistique.

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C'est déjà beau de prétendre. En revanche, pour l'obtenir c'est une toute autre aventure. Sur n'importez quelle chaîne, le cirque aurait cessé en quelques jours. Mais pas chez Bolloré...

Un bras de fer record

Cette grève aura duré 31 jours, un véritable record dans ce secteur. Les journalistes, épuisés et au furieux de parler avec un mur, ont décidé de jeter l'éponge devant l'inflexibilité de la direction. Obligés de collaborer avec une ligne éditoriale bien définie, bon nombre a déjà opté pour la démission. A l'heure d'écrire ces lignes, plus de 30 journalistes d'iTélé sont partis. Plus d'un tiers des effectifs... Du coté dirigeant, la bataille est gagnée. Morandini et son émission sont maintenus, tout comme Nedjar et sa double casquette. Les perspectives sont catastrophiques pour la chaîne. Perdant un maximum d'argent depuis plusieurs mois, il y a fort à parier qu' iTélé mette la clé sous la porte d'ici peu. Un véritable cas de conscience pour Vincent Bolloré ? Restons sérieux...

Dans cette lutte de pouvoir, un homme ressort gagnant, Jean-Marc Morandini. En effet, il a été conforté contre vents et marées par ses supérieurs.

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Malgré une cote de popularité au plus bas, il va animer son émission sur les médias d'ici quelques jours. Evidemment, ce dernier ne s'est pas posé une demi-seconde la question de sa légitimité au sein d'iTélé alors qu'il est en pleine affaire judiciaire. Au lieu de jouer profil bas, il a participé à ce durcissement de crise. Refusé en bloc par une majorité de salariés de la chaîne, il aurait pu se mettre en retrait. Mais lorsqu'on sait que Vincent Bolloré a vu en Morandini, le moyen de faire dégoupiller les salariés de la chaîne, on comprend mieux pourquoi ces deux hommes ont réussi à enterrer une chaîne encore vivante. La stratégie, le conflit d'intérêt permanent et la volonté d'imposer par tous les moyens sa vision des choses. Le journalisme 2.0 version Bolloré...

La défense de Jean-Marc Morandini

Canteloup évoque l'affaire Morandini

L'ADN d' I-Telé , c'est quoi ?

#iTélé #Bolloré