i-Télé ne sortira pas indemne d'une grève historique pour un groupe privé français, du monde des médias. Plus de quatre semaines de conflit sans, semble t-il, la moindre avancée. Aussi, les griefs sont les mêmes, les revendications aussi, à savoir "la signature immédiate d'une charte éthique", de même que l'arrivée "d'un directeur de la rédaction distinct du directeur général " et "la définition d'un projet stratégique et éditorial clair et précis".

Sans oublier, bien sûr, le retrait de l'antenne de Jean-Marc #Morandini, mis en examen dans un dossier de castings un peu trop poussés avec des mineurs. Vincent Bolloré, le patron du groupe Canal+, n'avait rien trouvé de mieux que de laisser l'animateur, Morandini, lancer une nouvelle émission alors même que i-Télé était en grève ! Une petite poignée d'émissions, seulement mais suffisantes pour voir la ligne "éditoriale" de Morandini.

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Un petit peu de Guignols de l'info et, surtout, Hanouna omniprésent. Pour l'instant, c'est i-Télé qui est en grosse difficulté. Mais, rien ne dit que Cyril Hanouna ne tuera pas, lui aussi, C8 où les journalistes sont dépités par la manière dont la direction mène celle-ci. Le conflit semble se politiser depuis quelques jours. Les ministres du Travail, Myriam Ek Kohmri et de la Culture Audrey Azoulay se sont rapprochés de la direction d'i-Télé, alors que Vivendi, la maison mère, annonçait un déplafonnement des indemnités de départ. Ce qui signifie que le groupe verrait d'un bon oeil un dégraissage des effectifs et, notamment, des salariés ne pouvant pas travailler avec Morandini. Alors que la direction annonçait que la chaîne resterait une chaîne d'infos en continu entre 80 et 90%". Les frasques de Morandini vont donc coûter cher à pas mal de journalistes ou autres salariés, particulièrement professionnels.

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Il est difficile de comprendre le choix de sabordage de Vincent Bolloré.

CNews devait réhausser l'image de i-Tété

Un Bolloré à qui Nicolas Sarkozy, l'ex-chef d'Etat, a confirmé tout son soutien, soulignant son professionnalisme. La grève a une nouvelle fois été votée vendredi, jusqu'à demain lundi 14 novembre 2016. Les choses pourraient s'accélérer, mais une sortie de crise est toujours difficile. 30 à 40 personnes ont d'ores et déjà annoncé leur départ probable. i-Télé est passée à côté de son changement de nom, puisqu'elle devrait hisser pavillon "CNews".

Bolloré donne raison à Morandini contre sa rédaction

L'enfant terrible est toujours là. Morandini ne semblant pas être prêt à faire un geste (son départ) pour sauver ce qui peut encore l'être. En pleines élections américaines, en pleine primaire de la droite et du centre, en pleines commémorations des attentats du 13-novembre 2015, la chaîne d'infos passe à côté de son fonds de commerce, l'information, et laissera sans doute des parts de marché notamment à BFMTV et Franceinfo.

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Bolloré pourrait regretter ses choix. Une fois sa rédaction bouleversée, une fois son effectif appauvri, la seule rubrique de Morandini ,qui avait déjà été déplacée de l'après-midi au matin, pourrait ne pas suffire à faire la maille. CNews connaîtrait alors une bien difficile naissance. #I-Télé #Télévision