Rendez-vous devant l'autel de la dégradation télévisuelle ! Les futurs mariés ne se connaissent pas, ne se sont jamais vus ni même parlé auparavant. Ils ont été triés sur le volet par Catherine Solano (médecin sexologue), Pascal de Sutter (psychologue) et Stéphane Edouard (sociologue), des spécialistes d'obédience universitaire qui ont manifestement vendu la Science à l'expérience interdite du partage émotionnel d'une mise en danger publique. Ces derniers sont censés évaluer les compatibilités entre deux échantillons d'une quarantaine de femmes et d'hommes chacun, pour le cas échéant, proposer le défi ultime du mariage avec un ou une inconnu(e)...

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Pour cette adaptation d'un programme danois par la chaîne #M6, les dits scientifiques sont parvenus à identifier 4 couples dont le "taux de compatibilité" est supérieur à 70%. Comment ne pas être désespéré pour accepter un tel mariage arrangé, quand dans bien des contrées, certains et surtout certaines rêvent encore et toujours de véritable liberté ? Evidemment les cobayes ont signé, ils briguent toutes et tous le couple parfait, un dessein devenu vraisemblablement compliqué dans nos sociétés modernes. Seulement voilà, quand on voit Tiffany pleurer en robe de mariée à 25 ans, serrant affectueusement son père comme si c'était vraiment arrivé, on ne peut s'empêcher de penser à la potentielle foirade qui elle, risque pour le coup de vraiment advenir devant des millions de téléspectateurs.

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Et les internautes ne s'y sont pas trompés, se déchaînant sur les interventions des pseudos scientifiques. Selon le Huffington Post, ils se sont en général montrés très critiques voire affligés par l'émission dont "voyeurisme" est le maître mot. Mais voir quoi ? Le visage en larme de Delphine lorsqu'elle apprend que Wilfrid renonce à cette prise de risques à fort potentiel d'audience médiatique ? Ou encore attendre le prochain numéro pour regarder Thomas faire semblant de vibrer pour Tiffany ? Et si la jeune puéricultrice était simplement, consciemment ou non, bien plus attirée par les paillettes du contexte que par une éventuelle future layette ? Dans la droite ligne de cette affliction généralisée, on peut déplorer que les participants à de telles expérimentations, volontaires ou non, ne bénéficient pas de plus de protection. Car jusqu'à nouvel ordre, la Télé-réalité ne fait que principalement rimer avec terrain miné.

Un débat scientifique télévisé "déplacé"

Ainsi la science n'est pas censée avoir comme prérogative la mise en danger d'autrui.

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Que médecins, sociologues et psychologues, spécialisés sur la thématique du couple, puissent tester des compatibilités en organisant des rencontres, oui, mais que ces rencontres aient lieu à la vue de tous avec pour fin instantanée, ni plus ni moins qu'un mariage, non. En effet de telles études existent bel et bien, elles sont menées scientifiquement par des personnes compétentes en la matière, elles ont cours en des endroits dédiés et la plupart du temps les sujets voient leur anonymat préservé. C'est avéré, les cinq sens sont en éveil lorsqu'il s'agit d'appréhender un possible partenaire, vrai aussi, des affinités se confirment en fonction des rythmes de vie, de complémentarités ou similitudes diverses et variées. En revanche, ces investigations se doivent d'être réalisées dans un laboratoire réglementé, dans un lieu où les motivations des uns et des autres, en tout cas nous l'espérons, sont régulièrement éprouvées par une réelle éthique. Au risque de nous répéter, la sécurité et l'intégrité morale des personnes doivent primer. En l'occurrence, la seule étude que nous percevons ici, elle sévit à la faveur des grands pontes et autres bénéficiaires de l'audimat, au laboratoire du voyeurisme. Quant aux véritables chercheurs en Sciences Humaines et Sociales, ils n'ont de cesse dans la faible lueur de leurs labos décrépis par la conjoncture, d'associer avec une certaine justesse, télé-réalité et toxicité. #Télévision #Télé-réalité