Seconde guerre mondiale (1939-1945). Le guide religieux des Catholiques, Pie XII se doit d'orienter les siens alors que le monde est dans l'une de ses plus sombres pages d'Histoire. Hitler, lui, prépare ce qui sera l'un des plus grands drames de l'Humanité. Sa "cible", on le sait aujourd'hui, les Juifs. On estime à l'époque que l'homme le plus informé n'est autre que le pape. La planète croit qu'il va intervenir, qu'il va s'ingérer dans un geste de solidarité, pour éviter un drame humain. Le pape choisit une autre voix, il se tait. Il s'enferme dans le silence, il va choisir de taire les crimes nazis qui déciment des centaines de milliers de familles européennes, quelquefois sous les fenêtres mêmes du pape.

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Ainsi, en 1943, le Ghetto de Rome est déporté sans le moindre geste du "gouvernement" du Vatican. Ce rôle pour le moins choquant de l'Eglise, on le retrouve dans les plus grands drames. La montée du nazisme, la seconde Guerre mondiale, l'extermination d'un peuple ne provoqueront pas d'empathie des "patrons" du Christianisme. Bien au contraire. Des prêtres et évêques vouent à Hitler ce que des enfants vouent aux vignettes Panini de football. Ils penchent vers la collaboration. Pas étonnant alors que l'Eglise n'abrite, à la fin du conflit, des criminels de guerre dans leurs murs. L'Eglise aura protégé les plus mauvais mais n'aura pas eu le moindre geste envers les familles déportées ? Des adultes, et des enfants. A l'époque, on pouvait toujours dire que l'on ne savait pas, mais les enfants victimes du père Preynat sont arrivés plus tard...

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quand les moyens de communication permettaient de savoir. Nous sommes en 2016 et, cette fois, Facebook, Twitter, l'info en direct ne sont pas de loin la panacée. On peut répandre les rumeurs les plus horribles. Mais, bien utilisés, ils sont de fantastiques leviers. Ils devraient l'être dans le cas de l'affaire "Preynat - Barbarin". La justice doit régler le crime. L'Eglise, elle, pourrait enfin assumer. Que le Cardinal Barbarin avoue récemment s'être réveillé tardivement est une chose. Mais puisque maintenant il est réveillé, puisqu'il s'est regardé dans la glace pour se raser, alors il devrait comprendre la situation.

Dirons-nous un jour à nos enfants que Barbarin et le Pape ne savaient pas ? Ce serait leur mentir, à eux et à La Parole libérée

Il a couvert des faits graves et il devrait se mettre en sommeil. Plutôt que faire de la com, de prêcher l'amour, la solidarité, la fraternité. Pendant que le Pape se dit proche des enfants victimes de la guerre, notamment.

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Mais pas des enfants victimes de pédophiles dans sa propre maison. A se demander si cette Eglise n'abrite pas aujourd'hui les barbares du terrorisme ?

Des fidèles trompés par une Eglise qui ne veut admettre ses travers !

Sans doute que non, espèrons-le. Mais le seul fait de se poser la question en dit long sur la défiance d'une partie des fidèles ! Dans ce cas, on dirait dans les manuels scolaires dans vingt ans que l'on ne savait pas. Comme dans toutes les affaires, ce sont toujours les mêmes qui sont pris en otage, aujourd'hui les 98% (?) de Chrétiens se retrouvant en crise de... foi, pour être honnêtes mais cocufiés dans leurs convictions. D'autres affaires ont montré combien des victimes pouvaient souffrir. C'est le cas de celle concernant Flavie Flament. Mais c'est le cas aussi d'anonymes dont on ne saura jamais l'histoire. Des hommes et des femmes adultes trainant une faiblesse, des fêlures, des démons... remontant à la prime enfance ou plus tard. C'est pourquoi l'association #La parole libérée, née de la volonté de victimes du père Preynat, a une importance exceptionnelle. Il faut que cette parole se libère. Pas seulement pour les plus puissants de ce monde. Mais il faut surtout que cette parole soit écoutée. Ou au moins entendue. Ce devrait être suffisant pour un "être" normal pour agir, enfin.

#La face cachée du Vatican, #RMC, vendredi 30 décembre 2016, 20h50

Précision: Photo: le bras tendu à côté de lui n'est pas celui du pape