Le ragondin appelé également myocastor est un gros rongeur importé d'Amérique du Sud au début du XIXème siècle ; c'est donc une espèce EXOGENE. Sa silhouette est massive, généralement brun gris mais toutes les couleurs existent, de l'albinos au brun foncé. Il possède de longues moustaches blanches et des incisives orange caractéristiques. La femelle possède les mamelles le long des côtés du dos, elle allaite ses petits tout en nageant. Si le poids moyen d'un ragondin est de 7 kilos, il peut devenir beaucoup plus gros et avoisiner les 15 kilos.

Pourquoi pose-t-il problème ?

- A cause de son habitat. Où vit-il ? Il aime les milieux aquatiques d'eau douce ou saumâtre : fossés, canaux, marais.

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Il creuse des terriers le long des berges dont une entrée au moins est subaquatique, ce qui provoque l'effondrement des berges et le comblement des fossés et des canaux. Il colonise les retenues collinaires et les lagunages, causant des dégâts importants aux stations d'épuration.

- A cause de son alimentation. C'est un herbivore qui se nourrit de plantes aquatiques mais qui a découvert et apprécié le maïs, le blé, les pommes, les poires...

- A cause de sa reproduction. C'est une espèce prolifique : 3 portées de 6 à 7 petits chacune sur 2 ans ! La maturité sexuelle est atteinte à 8 mois ! La longévité est de 10 ans !

DE PLUS IL EST PORTEUR DE LA LEPTOSPIROSE

Il fait donc partie des espèces piégeables sur tout le territoire français en tous lieux et en tout temps pour au moins tenter de limiter sa prolifération (arrêté ministériel).

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Certaines régions ou départements, pour inciter les piégeurs agréés à « s'occuper » du ragondin, ont institué un régime de « prime » pour éviter le poison. En Midi-Pyrénées, chaque prise est « payée 1,5 euros » par le Conseil Régional, ce qui compte tenu des frais et des contraintes afférant aux piégeurs est une « misère » mais est en fait un moyen de reconnaître leur action pour la communauté. Une aide pour l'acquisition de pièges était aussi instituée.

Dans cette région, cette disposition semble actuellement remise en cause, tout au moins sous sa forme actuelle. Pourquoi ? Tout simplement parce que la région, sous l'impulsion des « écologistes intégristes » et de « l'air du temps » ne veut plus prendre en compte les dégâts commis « en général » mais uniquement ceux commis dans des zones « sensibles » où « il faut préserver la biodiversité ». C'est complètement contre-productif et en soi une absurdité puisque l'espèce étant extrêmement prolifique, elle ne tardera pas à reconquérir une zone piégée au préalable si « on n'a pas fait le ménage » en aval ou en amont ! Pour que le piégeage soit efficace et permette de contenir la population, il faut gérer tout le bassin versant.

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Le Conseil Régional n'est pas contre mais ne veut participer financièrement qu'à une régulation ciblée, ce qui implicitement créerait une obligation pour les piégeurs qui sont des bénévoles (ce n'est pas les 1,5 euros versés qui les rendent riches). Le piégeur est au service de tous, particuliers, agriculteurs, communautés, et son action ne peut pas s'orienter que dans une seule direction. Très souvent, il est sollicité pour répondre à des dégâts. Il ne faut pas oublier que le piégeage obéit à quatre critères :

  1. dans l'intérêt de la sécurité et de la santé publiques,
  2. pour la protection de la faune et de la flore,
  3. pour prévenir des dommages aux activités agricoles, aquacoles ou forestières,
  4. pour prévenir des dommages aux autres formes de propriétés.

Le piégeur agit en fonction d'un ou de plusieurs de ces critères et ne peut accepter de privilégier l'un d'eux aux détriments des autres. En plus, c'est contraire aux directives du Ministère qui souhaite que l'on maîtrise autant que faire se peut les populations de ragondins partout, c'est pourquoi il a pris un arrêté classant cette espèce nuisible sur tout le territoire. Cela va aussi à l'encontre de l'Union Européenne qui travaille sur un plan européen de lutte contre les espèces invasives dont le ragondin fait partie.

Notons pour terminer que les sommes mises en jeu sont extrêmement faibles et ne risquent pas de mettre en péril le budget de la région: 50 000 euros par an pour 8 départements ! Il y a sûrement d'autres moyens pour « faire des économies » !

BN #Animaux #Monde rural