Elles sont noires, pour la plus grand partie jeunes et sans papier et ont presque toutes le même gagne-pain: les cheveux. Spécialisée dans l'art d’accommoder les chevelures frisées, les coiffeuses installées dans de nombreux magasins du quartier de Château d'eau, dans le Xe arrondissement de #Paris (pas loin de la gare de l'Est) sont majoritairement originaires d'Afrique, en particulier de Côte d'Ivoire, de Nigeria et de Guinée. Mais elles ont un autre point un commun, les difficiles conditions dans lesquelles pratiquent leur métier. Une charge lourde, qui n'implique pas seulement une grande maitrise et des doses infinies de patience, mais aussi des longues heures dans des positions pas confortables.

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Un travail souvent exercé en dehors du cadre légal, avec des horaires impossibles et sans repos, du matin tôt au soir tard, soit plus de 12 heures par jour, et qui n'est pas rémunérés à l'auteur (pas plus de 400 euros par mois).

Célèbres pour leur capacité de démêler et coiffer les cheveux crépus et réalisent également des lissages, des brushings longue tenue et des œuvres tressés remarquables, et pourtant leur popularité, qui a dépassées les frontières de la France, n'est pas une garantie en soi. Mais les choses pourraient changer vu qu'une partie de ses travailleuses a décidé de se rebeller en occupant un salon de plusieurs étages au 57, boulevard de Strasbourg. La goutte qui a fait déborder le vase serait une interruption du versement des salaires qui durerait depuis deux mois.

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Une situation intenable dans laquelle les patrons profitent de l’état d’illégalité des employées pas déclarées pour abuser de leur confiance. Et si la mobilisation avait débouché en contrats de travail pour certaines d'entre elles, le gérant a déposé le bilan en juillet et les choses pourraient arrêter de progresser.

Soutenues par la CGT, qui a porté plainte pour faillite frauduleuse et traite d’êtres humains en dénonçant l'exploitation organisée de travailleurs vulnérables, les travailleuses comptent bien réveiller les consciences de l'opinion publique sur une situation souvent méconnue qui révèle une réalité immense. Ils s’agiraient en fait que de la pointe d'un iceberg qui cacherait un réseau criminel bien étendu. Sont encore elles ont dénoncé un quartier qui serait géré par deux ou trois personnes qui emploie illégalement des milliers de femmes. Aussi les élus se sont penchés du côté de coiffeuses comme démontre l'exemple du socialiste Rémi Féraud, maire du Xe arrondissement de Paris qui essaye d'insister sur le sujet. Peut-être que ça soit la bonne voix ? Au fond on l’espère tous.

BN #Société