On les voit aux coins de rue, carrefours des villes, autour des magasins et restaurants intensément circulés, mais aussi en plein mouvement, à la recherche active de la pitié ou, simplement, de l’argent facile. Bien habillés, sourires affables et bienveillants et portant des masques plus ou moins réels ; parfois, ce sont des musiciens, artistes de la rue, rebelles dans l’âme et le partage de leur passion. D’autres fois, ils incarnent la dimension tragique de leur dépendance de drogues, herbes ou alcool, regards abrutis, tout en affichant une indifférence crasse de leur statut, d’où ils passeront la nuit, de tout, sauf le stupéfiant donneur d’oubli et fin. Il y a aussi le mendiant déguisé en clown, sorcière, ange et démon, vampire, fantôme, tueur en série, zombie, bref : en monstres et créatures plus hideux les uns que les autres, le mendiant drôle et créatif, souvent à l’âge de l’enfance, des fois, à l'adolescence, qui va de porte en porte et hante les rues pour quêter des bonbons ou des…pièces de monnaie. Halloween et Père Cent sont quelques des occasions de ramassage d’argent par les plus audacieux des victimes de la crise.

Yoan est un gamin de 15 ans, qui, toutes les années, défile les ruelles d’Arles déguisé en punk. Les cheveux teints avec un colorant rose, il étale fièrement la « moisson » d’une nuit très occupée. Une trentaine d’euros de poche, même en petite monnaie, c’est ce qu’il appelle « un bon Holloween » . « Bah, je m’achète une Xbox. Avec les sous pour mon anniversaire, ça va le faire ! » « Tes parents le savent ?... Que je fais la quête ? (petit sourire canaille) Ils s’en foutent complètement. »

Il y a autant de techniques que chez les commerciaux, pour récupérer un peu de monnaie. D’une simple demande à une histoire d’échange de billet de train à tels euros, dans les gares ou à un conte d’un touchant maître de chien, les croquettes et le canin à côté, qui fait la manche pour nourrir son ami à quatre pattes. Les mendiants « armés » de sébiles à cannes font partie intégrante du paysage citadin. Ils « pêchent » sans arrêt la générosité des âmes charitables, sans se laisser décourager de froid, de loi ou de l’abstinence des passants.

Malgré la crise, la mendicité, cette machine à sous, se réinvente et se perfectionne chaque jour, alimentée par une société souvent trop crédible.

BN #Inflation #Société