Voulu par Chirac, inauguré par Hollande, le Musée de l'Histoire de l'#Immigration est un problème pour notre société. L'immigration en France, comme le dit Benjamin Stora est relativement récente. Elle remonte au 20ème siècle, après la Première Guerre Mondiale 14/18, mais surtout après celle de 39/45 et dans les années 70. Dans les deux premiers cas, cette immigration s'est faite dans une France en reconstruction qui a accueilli des Polonais, des Italiens, des Arméniens. Dans les années 70, ce fut l'immigration venant du Sud de la Méditerranée et de l'Asie. Toutes ces immigrations ont été favorisées par les pouvoirs publics français pour répondre au problème de déficit de la natalité après la seconde guerre et pour contribuer à la reconstruction et à la modernisation des infrastructures françaises. Dans le cas de l'immigration venant du Sud de la Méditerranée et de l'Asie, il fallait répondre à un problème humanitaire et contribuer au regroupement familial dans le cas de l'immigration venant du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne.

L'immigration en France n'a pas posé de gros problèmes. Il y eut des tensions pendant la guerre d'Algérie, mais on peut noter que la France qui n'a pas une tradition d'immigration et n'est pas une terre d'immigration à la différence des Etats-Unis, a plus ou moins bien réglé la présence des immigrés en permettant leur intégration grâce au droit du sol qui s'oppose à celui du sang. Cette notion du droit du sol a été remise en cause par les décrets Pasqua en 1993.

Tout le monde devait être content, or ce n'est pas le cas. L'immigration en France fait l'objet d'instrumentalisation politique. Deux camps s'opposent : le FN qui estime que l'immigration est la source de tous les maux, et les partis pour lesquels l'immigration doit être analysée de façon responsable car les faits sont avérés : un quart des Français ont un ascendant d'origine immigrée. Il ne faut pas confondre immigré et étranger. On peut être français et immigré parce que né à l'extérieur, étranger parce que l'on ne possède pas la nationalité française ou encore étranger sans être immigré parce que né récemment en France de parents étrangers et pouvant alors demander la nationalité française à sa majorité. On remarque ainsi que les partis politiques ne remplissent pas leur mission d'explications permettant de clarifier le débat autour de l'immigration.

Le Président Mitterrand a ouvert en 1981 le débat sur l'utilité citoyenne des immigrés en proposant leur participation aux élections locales. Depuis 1981, ce débat est porté par la Gauche. C'était une promesse de Hollande, mais aujourd'hui les sondages montrent que 61-64% des Français estiment que les étrangers immigrés ne doivent pas voter. Les immigrés ne doivent être tenus pour les boucs émissaires d'une mauvaise analyse et conduite des politiques publiques par les responsables: toutes les statistiques et études ont montré que les immigrés occupent des tâches subalternes, or la concurrence internationale détruit des emplois de cadres moyens et supérieurs pour lesquels on trouve une présence faible d'immigrés.

La France se trouve aujourd'hui au milieu du gué. Comment concilier ses attaches humanistes des droits de l'homme marquées par le droit d'asile, l'accueil des immigrés économiques performants et l'intégration des nombreuses populations immigrées ou étrangères vivant sur son sol?

De nombreuses lois visant à intégrer les populations étrangères et immigrés ont été adoptées mais elles n'empêchent pas les discriminations en direction de ces populations. Que devient l'égalité des chances? Comment articuler égalité, fraternité et liberté pour que cette devise de la République ne soit plus un simple protocole de discours électoral? Des politiques ont été menées dans les quartiers populaires défavorisés qui concentrent les populations immigrées étrangères mais ces politiques restent insuffisantes et on peut se demander si l'immigration est encore un sujet de préoccupation réel pour les partis politiques.