La CGT patauge dans un discrédit repoussant pour l'ensemble du monde du travail. Une disgrâce sérieusement fatale au premier syndicat de France, surtout si elle n'est pas hâtivement résolue et judicieusement épiloguée. Conséquence d'un passage du témoin, en 2013 entre Bernard Thibault et Thierry Lepaon, opéré selon un contournement, maintenant considéré inaccompli, de la tradition de franchissement organique…

Déjà à l'époque du remplacement de l'iconoclaste Thibault, le choix de l'héritier était improvisé et le voilà en phase de faire subir la conséquence à une maison distinguée dans les luttes sociales. Le partant avait souhaité que son successeur soit une femme, en la personne de Nadine Prigent, une ancienne infirmière qui a longtemps dirigé la Fédération de la santé. Mais, après 9 mois de tractations, #Thierry Lepaon est arrivé, sur les ruines de la catastrophe industrielle de Moulinex, lors du 50e Congrès du syndicat de mars 2013, à la tête de la confédération.

Moins de deux années plus tard, l'hebdo satirique « le canard enchaîné » a décelé la lourde note du « relooking » de l'appartement, loué comme habitat, du secrétaire général. Mais en réalité la remise en état de l'intérieur du domicile parisien du responsable syndical, ne devait pas avoir lieu puisque la dernière opération de réparation est toute récente. Le déballage a mis en exergue le coût exorbitant de cette réfection de la maison parisienne du représentant d'un syndicat qui a souvent donné du fil à retordre...

Puis d'autres supports médiatiques ont rajouté, aux 105 000 euros de frais du réaménagement du logement, une autre dépense de 65 000 euros pour l'amélioration du design du bureau du premier responsable de la CGT. Et enfin, un autre frais imputable aussi aux ressources du syndicat et de la structure de base, avoué de 25 000 euros par l'intéressé, octroyé suite à son départ du poste de responsabilité régionale, afin de présider le syndicat au niveau national, est révélé... D'où une prise d'intérêt, tel un parachute doré, obtenu pour une promotion.

L'enlisement s'accentue au fur et mesure que les jours passent. Désarmée du correctif de destitution réglementaire, la CGT piétine à rectifier un dommage qui désagrège sa masse d'adhérents, en désorientant sa priorité sociale sur une dissidence endogène. L'organisation, pivot pour les revendications des salariés français, se réserve d'être attaquée dans un contexte d'hostilité sociale.

Les fédérations professionnelles commencent à se positionner dans le bras de fer du départ ou du maintien du premier responsable de la CGT. Celle des services publics, la première du syndicat en termes d'adhérents, demande officiellement le départ du secrétaire général. D'autres unions des métiers et corporations ont aussi tranché pour le départ, mais Thierry Lepaon qui se cramponne à son siège. 

Ce qui accentue une crise présentement, pour des dépenses fantasques, est d'une sévérité à nuire dans le rapport de force entre employeurs et travailleurs de France. Plus qu'auparavant, où il était difficile de choisir un leader, cette dispute est directement conséquente de la chaotique succession par défaut. Quand elle a été conquise par Thierry Lepaon, désormais accepté par une défiance interne qui ne cesse de gonfler, la CGT était en faiblesse critique pour remplacer Thibault.