On n'arrête pas le progrès et pourtant, en France, au 21è siècle, le froid tue chaque année. Six personnes sont déjà "mortes de froid" en à peine 3 jours. Pourquoi ? Comment ? Quelles sont les populations à risques ? Voici quelques explications sur les ravages causés par le climat hivernal.

Manque de places dans les hébergements d'urgence, conditions d'accueil qui ne conviennent pas aux sans-logis (refus des animaux, dortoirs,etc.), trois jours seulement après l'arrivée du froid sur notre territoire, six sans-abris ont perdu la vie. Si trois d'entre eux sont décédés "immédiatement" en raison de la brutalité du changement de températures, les autres auraient été brûlés en voulant réchauffer le squat qui leur servait de refuge. 

Comment meurt-on de foid? 

Comment meurt-on de froid ? Les médecins expliquent que l'état d'hypothermie, qui intervient à partir de la baisse de température du corps à 35°, est dû au ralentissement progressif du corps, celui-ci ne distribuant l'oxygène du sang qu'aux organes vitaux. Le cœur et le cerveau ralentissent, le corps s'endort et ne se réveille plus. Pour autant, l'angoisse extrême générée par les conditions de mort imminente ne permettent pas de qualifier cette dernière d'"immédiate" ou de "douce". 

Certaines populations présentent des risques accrus d'hypothermie lorsque les températures chutent. Les diabétiques par exemple risquent des hypoglycémies plus graves en raison de la mobilisation du corps pour lutter contre le froid. Les personnes cardiaques ou souffrant de maladies respiratoires présentent également des risques plus élevés d'hypothermie. Les jeunes enfants, incapables de réguler seuls leur température, sont à surveiller de près et bien sûr, les personnes âgées. Enfin, évidemment, est-il besoin de le préciser, les sans-logis représentent la principale population menacée par les grands froids.

Pour reconnaître une hypothermie, il y a des signes qui ne trompent pas. Tout d'abord, le corps est parcouru de frissons parce qu'il mobilise ses "réserves" d'énergie pour lutter contre la baisse de température. Viennent ensuite les engelures (extrémités des doigts et orteils qui bleuissent), dues au fait que le sang se concentre sur les organes vitaux (cœur, poumons, cerveau). La température corporelle baisse alors progressivement, comme pour provoquer un état d'hibernation. Lorsqu'elle descend en-dessous de 35°, le décès est proche. 

Voilà donc comment en 2015, on peut encore mourir de froid en France.