À chaque décennie son groupe de marginalisés? Après les Noirs dans les années 60, les gays dans les années 70 et 80, voici désormais les athées, qui sont devenus en quelque sorte les rebuts de la société américaine. Incroyable mais vrai : sept Etats américains (dont la Caroline du Nord, le Texas, l'Arkansas et le Maryland) ne permettent pas aux athées l'accès à des fonctions publiques telles qu'un mandat de conseilleur municipal ou juré dans un tribunal. Comment est-ce possible? Il faut dire que tout un tas de vieilles lois poussiéreuses sont encore en vigueur aux #Etats-Unis, surtout dans le sud du pays encore très conservateur, même si ces lois s'opposent aujourd'hui à la Constitution, qui stipule depuis 1961 (!) que l'Etat est séparé de l'Eglise, et que les élus locaux n'ont plus l'obligation de passer des tests religieux pour pouvoir avoir accès à leur fonction publique.

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Un violeur davantage sympathique qu'un athée

Aujourd'hui, être athée aux Etats-Unis est synonyme de marginalité, et nombreux sont ceux qui n'osent pas "sortir du placard". Mais des associations se mettent un peu partout en place, histoire de faire évoluer les mentalités des citoyens chrétiens ou juifs très pratiquants. "Parfois, des choses doivent être dites, et des combats doivent être menés même s'ils ne sont pas populaires. Pour les athées qui ne sont pas encore sortis du placard, vous n'êtes pas seuls, et vous avez le droit d'être traités de façon égalitaire", avait déclaré David Silverman, le président du groupe American Atheists, lors de l'inauguration d'une nouvelle chaîne télévisée exclusivement dédiée aux athées. 

Le combat de ces non-croyants, pourtant de plus en plus nombreux, s'annonce très difficile.

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Un récent sondage du Pew Research Center avait dévoilé des conclusions surprenantes sur ce que l'Amérique pense de ceux qui rejette la religion. On y apprenait ainsi qu'une majorité préférait avoir un président très âgé ou gay, plutôt qu'un président athée. Un grand nombre de sondés avouaient également accorder plus de confiance aux violeurs plutôt qu'aux athées, tandis que la moitié disaient préférer qu'un membre de leur famille n'en marie pas un. Voilà de quoi freiner ceux qui comptaient faire leur coming-out...