Michel Danthe, journaliste suisse pour « Le Temps », explique dans un article que Tariq Ramadan tiens un double discours: un en France et un autre à l'étranger. Aux Etats-Unis, il aurait tenu un discours à propos des attentats contre Charlie Hebdo incluant des sous-entendus « complotistes » et fait allusion à l’implication des services secrets dans cette même histoire. Néanmoins, le journaliste juge ses propos pas suffisamment clair: « il est suffisamment malin pour ne jamais dire clairement les choses ».

En France, Tariq Ramadan tiendrait un discours beaucoup plus mesuré, explique Danthe, en faisant référence à l’intervention du professeur sur Europe 1 où il appelait ses compatriotes musulmans au calme.

Le journaliste suisse relate donc ce qui s'est dit lors d’une intervention sur la chaine de télévision américaine Democracy Now. Dans cette émission, face à un invité qui ne connaît pas bien l’histoire du journal satirique Charlie Hebdo, il explique un peu l’évolution du journal. Il exprime aussi son ressenti sur cette affaire. Il dit ce qu’il pense des caricatures du journal, celle sur les musulmans et plus précisément celles avec le prophète Mahomet: «Je répète ce que j'ai dit partout en France à l'époque de mes débats avec Charlie Hebdo...que c'est un humour de lâches».

On se souvient en effet de la discussion houleuse qu'il avait eue en 2011 avec Charb, un des dessinateurs de Charlie Hebdo assassinés, sur un plateau de télévision où il avait tenu ces mêmes propos : « humour de lâches ».

A ceci, l’islamologue Tariq Ramadan répond : « Mon double discours serait découvert non plus entre l'arabe et le français mais entre l'anglais et le français. Je suis fait! Il y a des journalistes qui n'ont honte de rien! »

Pour monter qu'il est clair dans ses propos en France comme ailleurs, il réitère ses propos, signe et persiste : « Oui, il reste des questions pas claires, oui, il faut des enquêtes indépendantes ».

Enfin, il se défend d'être un "conspirationniste retors" et dit poser des questions simples. Il questionne alors de nouveau : « Comment n'a-t-on pas identifié ces jeunes en amont, pourquoi le journal était si peu protégé avec toutes ces menaces, qu'en est-il de ces détails troublants de carte d'identité oubliée? ».

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