Ibrahim aura vécu bien des épreuves avant d'arriver dans le bourbier de Calais. Le jeune homme de 26 ans a dû quitter son Tchad natal car son père était entré en confrontation avec le gouvernement en place. « Ils sont venus dans les maisons, se souvient-il. Beaucoup de personnes ont tout perdu. C'est pourquoi j'ai décidé de partir. » Avec son père et son frère, il se dirige vers L'Égypte en 2011. Mais, au bout de deux mois, ces derniers retournent au pays laissant Ibrahim au Caire. « Aujourd'hui, je ne sais pas où ils sont, lâche-t-il. Certains me disent qu'ils sont morts. » Ibrahim ne reste toutefois pas en terres égyptiennes, un pays qui, lui aussi, est victime de son instabilité. « Je voulais trouver un endroit où je pourrais avoir de la sécurité », explique Ibrahim. Le jeune Tchadien passe donc par le Cameroun, l'Arménie, l'Allemagne puis Strasbourg. Souhaitant, comme beaucoup, rallier le Royaume-Uni, il se heurte au casse-tête de Calais le 15 août dernier.

« On a peur des policiers »

Pas à l'aise, il ne s'attend toutefois pas à subir des violences policières dans le pays des Droits de l'Homme. « Un jour, je rentrais vers le camp vers trois heures du matin, raconte Ibrahim. Des policiers m'ont brusqué puis frappé. Je ne comprenais pas pourquoi. Mon genou était cassé. En tombant, je me suis fait mal à la tête. Je leur demandais 'Pourquoi?'. Ils me criaient 'Regarde-moi!'. Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils ont été surpris par la violence des policiers ici… On a peur d'eux. Je crois que c'est du racisme. » Face à l'impossibilité d'aller en Angleterre, Ibrahim pourrait finalement rester en France. « Je vais chercher un travail ici, nous informe-t-il. Et trouver un autre endroit pour dormir. Ce ne sera pas les Champs-Elysées. Mais je veux vivre en sécurité. » #Immigration