La mort des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly a soulagé une grande partie de la population française et internationale. Mais voilà, deux hashtags aussi terrifiants que surréalistes ont fait leur apparition ce soir sur Twitter et Facebook : #JeSuisKouachi et #JeSuisCoulibaly, en référence au désormais célèbre slogan #JeSuisCharlie. Incroyable mais vrai, ces hashtags sont les mots-clés les plus utilisés depuis quelques heures sur les réseaux sociaux. 

Qui osent donc utiliser ces deux hashtags pour revendiquer leur sympathie envers ces terroristes? Il est évident que nombreux sont les islamistes, qui ont déjà pris l'habitude d'inonder leur mur Facebook ou Twitter de messages à caractère radicaliste, à soutenir ceux qu'ils appellent déjà des "martyres". Mais il y a plus étonnant que cela : plusieurs adolescents et adolescentes, qui n'ont à priori rien à voir avec l'islam radical, se sont servis de ces hashtags. Ceux-ci sont d'ailleurs dans les top tweets de nombreux forums pour jeunes. La raison? Probablement histoire de choquer leurs lecteurs, mais ce comportement est pourtant beaucoup plus risqué qu'il n'y paraît pour ces jeunes.

Punis par la loi

Parce que poster un tweet incitant à la haine - et c'est bien ce que ces hashtags tentent de faire - n'est pas sans conséquences. Depuis le 13 novembre 2014, "le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l'apologie de ces actes est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende", comme il est expliqué dans la loi relative à la lutte contre le terrorisme. Utiliser Twitter et Facebook pour véhiculer de tels messages sont davantage punis encore : "Les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 € d'amende lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne".

Depuis quelques heures, les twittos se mobilisent - bien heureusement - pour que Twitter interdise enfin l'utilisation de ces hashtags. En attendant, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, avait déjà pris les devants face aux multiples messages clâmant "bien fait" lors de l'annonce de l'attentat à #Charlie Hebdo en créant une plateforme où les internautes peuvent dénoncer de tels propos. Twitter pouvant collaborer avec la police et les enquêteurs en fournissant les adresses IP de ceux qui ont posté ces tweets, nul doute que des procédures seront mises en oeuvre pour les retracer, et espérons-le, les arrêter.