« Les c***, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît ». Audiard en a déjà fait une réplique culte ; #Charlie Hebdo aurait pu en faire un titre d'article en voyant la récupération mercantile du logo « Je suis Charlie » créé suite à l'attentat du 7 janvier à Paris. En quelques jours, une cinquantaine de dépôts de la marque auraient été soumis à l'INPI, qui gère la propriété intellectuelle en France. Cette estimation n'a pas été formellement confirmée mais l'agence a assuré que de nombreuses sollicitations étaient arrivées. Le but de protéger une marque est de faire valoir son statut de créateur et donc de toucher les royalties correspondantes en cas d'utilisation du logo ou du nom.

En début de semaine, l'INPI a annoncé qu'elle avait refusé toutes les demandes d'inscription de la marque « Je suis Charlie ». Pas de bons sentiments ou de solidarité particulière dans cette décision, simplement le manque de « caractère distinctif » de la marque. Et pour cause ! « Je suis Charlie » a fait le tour du monde en quelques heures et a permis à des millions de personnes de soutenir le mouvement qui a saisi la France après les attentats. Difficile de faire moins « original », ce qui explique le refus d'enregistrement par l'INPI. Personne ne pourra donc profiter de l'exclusivité du logo.

Joachim Roncin défend « Je suis Charlie »

Le jour même où l'organisme a signifié son refus à tous ceux qui voulaient se faire de l'argent avec « Je suis Charlie », son créateur Joachim Roncin signait une tribune dans Libération. « Il me semble odieux et incompréhensible qu'on puisse ne serait-ce que penser à transformer un tel message de liberté en marque. Et je continuerai à prendre la parole pour défendre la valeur de ces trois mots "Je suis Charlie" », écrit-il. Dès le 8 janvier, il avait pourtant prévenu sur son compte Twitter : « Le message et l'image sont libres de toute utilisation. En revanche, je regretterais toute utilisation mercantile ». Le message ne semble pas avoir été intégré par tout le monde...

Pour que les choses soient claires, Joachim Roncin réfléchit à un moyen « de maîtriser la diffusion [...] pour essayer de conserver le message initial intact », selon son avocate. En tant qu'auteur de « Je suis Charlie », il peut faire valoir ses droits. Pour l'instant, malgré la rumeur qui a couru en provenance de l'AFP hier, jeudi, personne ne parle (pour l'instant ?) d'un dépôt du nom par son créateur. Affaire à suivre.