Le Premier Ministre #Manuel Valls vient d'annoncer l'augmentation du nombre d'aumôniers musulmans officiants dans les prisons françaises : 60 aumôniers musulmans seront recrutés pour se joindre aux 182 déjà existants (contre près de 700 catholiques) et les moyens financiers de l'aumônerie nationale musulmane seront doublés. Pour Samia Ben Achouba, secrétaire de l'aumônerie nationale musulmane des prisons et aumônier régional du Nord Pas-de-Calais, cette annonce bien que chaleureusement accueillie, est loin d'être une réponse suffisante à la montée de l'#Islam radical en prison.

Samia a 53 ans. Cela fait 12 ans que quatre jours par semaine, cette musulmane pratiquante et mère de sept enfants court les établissements pénitenciers, parfois à plus de 100 km de chez elle, pour offrir un soutien spirituel aux femmes et mineurs détenus. Elle dénonce l'absence d'un statut digne de ce nom pour les aumoniers des prisons et affirme assister à une radicalisation de plus en plus forte des détenus.

Un jour, une amie aumônier catholique a interpellé son mari : «Il faut que ta femme vienne ici. Les filles veulent apprendre à prier pour leurs parents décédés, je ne peux pas le faire avec elles». Samia y est allée, avec cette simple idée « d'aider à prier ». Elle a découvert bien d'autres choses. Beaucoup de souffrance, des personnes qui avaient besoin de se confier, de trouver un sens à leur solitude et cherchaient de l'aide à travers l'islam.

Depuis les attentas du 11 janvier et les suspicions d'une radicalisation d'Amedy Coulibaly en milieu carcéral, les aumôniers musulmans ont été brandis comme une solution à la montée de l'islamisme radical dans les prisons, ce qui irrite Samia d'une certaine façon : «Dès qu'une affaire éclate, on nous tombe dessus : que font les aumoniers contre la radicalisation ? disent les gens. Et s'il y avait plus d'aumoniers, on n'en serait pas là... C'est une blague ! Les terroristes du 11 janvier sont des enfants nourris au sein de la République, ils ont raté l'intégralité de leur parcours et c'est à la case prison qu'ils seraient devenus mauvais ? » Elle, se considère comme une simple garante d'une pratique constitutionnelle : « J'aide les gens à aller de l'avant et je les accompagne au mieux, mais en aucun cas je ne détiens leur conscience. Le problème de leur radicalisation est un problème d'échec de toute une société, pas seulement de la prison», répète-t-elle. #Terrorisme