« Plus qu'une crise du logement, c'est une crise de l'hébergement. Vous savez que le 115, numéro d'urgence pour les sans-abri, est censé diriger les personnes vers des hébergements d'urgence. En décembre 2013, 61% des appels ont été insatisfaits en province, 43% à Paris… » Joaquim Soares, directeur de l'animation territoriale pour la Fondation Abbé-Pierre ne passe pas par quatre chemins. Le mal-logement est en passe de devenir un problème majeur en France. Les réponses politiques ont clairement montré leurs limites. « Les dispositifs passés ne sont plus du tout adaptés, lance Joaquim Soares. Aujourd'hui, 14% de Français vivent sous le seuil de pauvreté. Nous avons connu une hausse de 6% des personnes touchant le RSA. Tout le monde court toujours après une réponse crédible. Le fait est que nous ne sommes pas à la hauteur de la crise. »

Dans son rapport sur le mal-logement, la Fondation Abbé-Pierre compte près de 700 000 personnes privées de domicile personnel et 2,7 millions de personnes vivant dans des conditions de logement très difficiles. « Il faut ajouter que plus de 5 millions de Français sont fragilisées par rapport au logement, souligne Joaquim Soares. Nous estimons même à 10 millions le nombre de personnes touchées de près ou de loin par la crise du logement. » Parmi les victimes, les Roms sont comptés parmi les 141 000 SDF. « C'est une population qui vit des discriminations depuis la nuit des temps, explique le directeur de l'animation territoriale. Comment se fait-il qu'un pays de 65 millions d'habitants, qui a intégré des populations européennes et africaines en masse, ne puisse pas le faire avec 20 000 Roms ? » Le problème du mal-logement concerne de plus en plus de Français. Des solutions efficaces se font encore attendre…