BLASTING NEWS. Comment expliquez-vous le succès d'œuvres cinématographiques ou littéraires, à l'image de «Cinquante Nuances de Grey», qui mettent le sexe en avant ?

Céline Tran : La société a toujours été demandeuse de ce genre de contenu. D'autre part, elle est nourrie quotidiennement par des images véhiculées par les médias jouant la surenchère. « Cinquante nuances de Grey » en est le parfait exemple. La littérature érotique comporte des œuvres de toutes sortes et, pour certaines, de grande qualité. Sur un plan littéraire, « Cinquante nuances de Grey » ne les surpasse probablement pas. Pas même sur le type de pratiques sexuelles qui y sont décrites. Sa véritable puissance érotique réside surtout dans le fantasme généré par le buzz. La presse a exploité le thème d'une sexualité sulfureuse mettant la femme au centre. Voilà une formule idéale pour vendre. C'est aussi le cas des séries qui montrent de plus en plus de scènes torrides où même les hommes se mettent à nu. L'image érotique a toujours été un ingrédient marketing.

BLASTING NEWS. La société est-elle simplement plus ouverte qu'avant ?

Céline Tran : Je ne pense pas qu'elle soit plus ouverte. Être voyeur ne signifie pas forcément être ouvert d'esprit. Je pense que la société se réjouit simplement de pouvoir se rincer l'œil de manière décomplexée. De même, être pour une forme de censure ne signifie pas pour autant être fermé. À vrai dire, on peut très bien parler de sexualité sans montrer des images explicites. Les séquences dites « érotiques » de nombreux films et séries télé n'ont pas pour unique vocation d'exciter. Elles peuvent avoir beaucoup plus de sens.

BLASTING NEWS. Pourquoi les œuvres effleurant le thème du sadomasochisme fonctionnent si bien ?

Céline Tran : Les rapports de force sont la clé de la tension érotique. Dans une société où la femme est devenue forte et indépendante, il est jouissif de s'autoriser une sexualité qui rétablisse une hiérarchie forte. Mais cette fois-ci dans le cadre d'un jeu. Ça permet de se soulager de toute culpabilité. Il y a dans ce jeu du dominant et du dominé quelque chose d'extrêmement libérateur. Il s'agit de lâcher prise, c'est un « abandon contrôlé » qui implique un rapport de confiance totale. Et le fait de repousser ses limites sans se faire juger répond parfaitement aux frustrations du quotidien. Enfin, il y a toute l'esthétique décadente et fétichiste qui, lorsqu'elle ne tombe pas dans le glauque ou le kitsch, peut parvenir à créer un savant mélange entre violence et sophistication, entre mystère et initiation.

BLASTING NEWS. Vous avez tourné la page du X, que faites-vous désormais ? 

Céline Tran : Je viens de terminer le tome #2 de ma BD Heartbreaker (Doggybags #6) chez Ankama qui sortira courant 2015. Et je prépare la suite de ma carrière dans le #Cinéma. Un peu plus habillée cette fois-ci!

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