Cela semble s'être passé hier, et à la fois dans un lointain passé. Pourtant, ça ne fait qu'un mois que les terribles attentats de Paris, à #Charlie Hebdo et au supermarché casher de la Porte de Vincennes, ont secoué la France et le monde. Face à une telle tragédie, quelles mesures ont été prises ? Quelles conséquences ont eu ces actes sur la France ?

La sécurité renforcée

Déstabilisé par cette menace venant de l'intérieur, il n'a pas fallu attendre longtemps avant que la France ne se mette en alerte. Le jour même des attentats, le plan Vigipirate a été élevé à son plus haut niveau. Avec une conséquence bien visible dans les rues : plus de 10.000 militaires ont été déployés pour surveiller les endroits sensibles, comme les lieux de cultes ou les bâtiments officiels. Mais pour financer cet important dispositif sécuritaire, il fallait également fouiller du côté du budget pour en sortir une enveloppe plutôt inattendue. 425 millions d'euros ont ainsi été dégagés pour veiller à la sécurité pour une période de trois ans, créant 2600 emplois dans la lutte contre le #Terrorisme, tout en en supprimant 7500 en moins que prévu à la Défense. 85 millions d'euros seront également alloués à l'achat de gilets par balles, d'armes ou de dispositifs de surveillance.

Dans la pratique, d'autres mesures ont également été prises pour lutter contre le terrorisme. Des quartiers isolant les terroristes en prison seront ainsi constitués d'ici fin 2015, un fichier reprenant les noms de suspects sera créé et 60 millions d'euros serviront à la prévention de la radicalisation.

Des peines plus lourdes

Le sort des terroristes a également été discuté. La peine d'indignité nationale qui les priverait de leurs droits civiques, soutenue par Nicolas Sarkozy et l'UMP, a longtemps été sur le tapis. Si elle a provoqué de nombreux débats de part le fait de sa portée historique (mesure adoptée pendant la guerre pour punir les collabos), un très récent sondage fait état que 78% de la population serait favorable pour une telle peine. Manuel Valls devrait présenter son projet d'ici quelques semaines.

Une prévention offensive

Outre les mesures prises pour protéger la France face au terrorisme, de nombreuses initiatives ont été créées pour lutter contre la radicalisation, en particulier des jeunes, sensibles aux discours radicaux dispensés tant sur internet que dans la rue. La campagne Stop Djihadisme a ainsi été lancée il y a quelques semaines sur internet, avec une vidéo montrant des images chocs sensées faire réfléchir à deux fois le jeune terroriste en herbe. Malgré les moyens mis en œuvre, la campagne est un véritable flop : moquée de toutes parts et même à l'étranger, accusée de véhiculer les stéréotypes (les jeunes qui préfèrent ne plus sortir de chez eux sont-ils forcément des futurs djihadistes ?), la vidéo n'aura pas servi à grand-chose. Gageons que Manuel Valls aura une autre idée plus lumineuse à sortir de son chapeau.

Hollande en sort gagnant

Manuel Valls qui, justement, a vu sa popularité exploser ces dernières semaines, de même que François Hollande. Les deux compères étaient au bord du gouffre avant les attentats, et le récent baromètre des Français confirme l'image redorée du gouvernement. Valls gagne ainsi huit points, avec 35% d'opinions favorables, tandis que le président culmine à 22%, avec une hausse de six points. Très présent sur le terrain, réactif, porteur de bonnes idées (la marche républicaine du 11 janvier y a beaucoup aidé), François Hollande a montré un nouveau visage lors de ce mois de crise.

L'incroyable succès de Charlie Hebdo

La conséquence bien inattendue de ces attentats reste tout de même le déferlement de sympathie à l'égard de Charlie Hebdo. Outre le désormais célèbre hashtag #JeSuisCharlie qui a été récupéré à toutes les sauces, le journal satirique a vu sa popularité augmenter de façon surprenante. Et cela s'est vu dès la semaine succédant aux attentats : les files se sont formées pendant plusieurs jours devant les buralistes et vendeurs de journaux pour que chacun puisse obtenir « son » Charlie. Le numéro « des survivants » a ainsi été tiré à plus de cinq millions d'exemplaires, contre 60.000 en temps normal. Et la tendance ne semble pas être sur le court-terme : le journal satyrique a enregistré 200.000 nouveaux abonnements, contre 10.000 auparavant. Un engouement du peuple qui lui permettra de vivre cinq années supplémentaires sans trop se soucier de l'état des finances du journal. Riss, survivant de l'attaque et nouveau rédacteur en chef, aura donc la lourde tâche dès ce 25 février (date à laquelle le journal reviendra en kiosques après des vacances bien méritées) de faire perdurer Charlie Hebdo, le symbole de ce renouveau français. #Journalisme