Economiste brillant le jour, amateur de débauches la nuit, Dominique Strauss-Kahn pourrait presque être le personnage principal d'un film policier à gros budget, tant les mystères, les incongruités et les rumeurs rendent le personnage intriguant. Autrefois grand patron du Fonds Monétaire International, l'homme aux poches pleines de billets est devenu en quelques mois l'ennemi n°1 à abattre. Retour sur cette descente aux enfers inattendue pour celui qui s'apprêtait à revêtir le costume de président de la République.

Jugé coupable aux yeux du monde

C'était un secret de polichinelle pour le tout-Paris : DSK est un homme qui aime la gente féminine et il ne s'en cachait pas, ou peu. Son épouse, la journaliste Anne Sinclair, avouera elle-même qu'elle était au courant des nombreuses incartades de son mari. Mais ce qui n'était qu'un goût pour la luxure s'est transformé, en mai 2011, en crime mondialement répudié. Nafissatou Diallo, femme de ménage au Sofitel à New York, accuse DSK de l'avoir violée dans sa chambre d'hôtel. L'image de l'homme arrêté, menottes aux poignets, fait le tour du monde : en quelques heures, sa culpabilité ne fait plus de doute pour les citoyens français et étrangers.

Les mois qui suivent sont très durs pour le politicien : accusé de multiples crimes et délits, comme la tentative de viol et la séquestration d'individu, il est mis derrière les verrous de la prison de Rivers Island et doit démissionner de son poste de directeur général du FMI. Deux jours après, il sera libéré sous caution et placé en résidence surveillée dans une luxueuse maison à TriBeCa, provoquant les indignations de la population et en particulier des femmes afro-américaines, qui défendent farouchement Nafissatou Diallo. Des mois s'écouleront encore avant que DSK puisse être totalement blanchi, la #Justice ayant de forts doutes sur la version des faits énoncée par la plaignante.

Une nouvelle carrière en solo

Mais les ennuis ne s'arrêtent pas là : au cours du procès de New York, une journaliste française, Tristane Banon, accuse elle aussi le politicien de l'avoir violée à plusieurs reprises. La plainte est classée sans suite, mais le constat reste le même : Dominique Strauss-Kahn est un homme fini et la France vient de perdre celui qui aurait pu peut-être en reprendre les rênes pour la sauver de la crise financière. Auparavant candidat socialiste à la présidence, DSK a ainsi dû, selon toute logique, renoncer à la course présidentielle. Mais il est de toute évidence presque certain que ça aurait dû être lui, et non François Hollande, pour concourir face à Nicolas Sarkozy, et très probablement gagner les élections haut la main. Plus de trois ans après les faits, 79% des Français admettent qu'il aurait fait un meilleur président que François Hollande, selon un sondage du Parisien.

Divorcé, éjecté de son poste au FMI et ses ambitions présidentielles au tapis, DSK n'a pas eu d'autre choix que de se reconstruire une vie, malgré les accusations qui pèsent encore contre lui aujourd'hui dans le cadre du procès Carlton. Un temps conseiller pour le gouvernement du Soudan du Sud, puis de la Serbie, l'économiste s'attaque désormais à monter sa propre boîte, « DSK Global Investment », comme un pied de nez à ses détracteurs qui auraient parié sur la fin de la renommée de ces trois initiales. #Politique