Nous voici donc le 14 février, la fête des amoureux, placée sous la protection de Saint-Valentin. Pour beaucoup, la journée devrait être le signe des bons petits restaurants, des bouquets de fleurs et de cadeaux. Les origines de cette célébration sont pourtant nettement moins romantiques, pour ne pas dire plus pragmatiques. Petit cours d'#Histoire amoureuse. Enfin, façon de parler....

N'en déplaise à certains, la Saint-Valentin n'a rien, à l'origine, d'une fête religieuse catholique. Bien au contraire. Ce n'est qu'au Vème siècle qu'elle a été instaurée par le pape Gélase, pour contrer les Lupercales, une fête religieuse romaine qui perdurait malgré l'avancée du christianisme. Une fête païenne qui, entre le 13 et le 15 février, célébrait la fécondité et lors de laquelle les hommes s'armaient de peaux de bouc (nettement moins romantique que des roses, donc) et en frappaient les femmes pour que les Dieux leur assurent la fertilité, des grossesses nombreuses et sans problème.

Malgré l'interdiction faite par l'Eglise de cette pratique, la tradition a perduré sous des formes diverses jusqu'au Moyen-Âge, notamment dans les campagnes qui, ne l'oublions pas, représentaient alors l'immense majorité du territoire. Selon la variante la plus répandue, le 14 février était surtout très pragmatique et, sous couvert d'une fête, fait pour limiter la consanguinité dans les campagnes. En effet, ce jour là, les jeunes filles allaient se cacher dans les bois ou les champs environnants. Les hommes des villages voisins partaient alors à leur recherche dans le but de trouver une épouse. A une époque où les familles pouvaient rester dans le même village pendant des générations et où la plupart des mariages étaient arrangés, il s'agissait donc certes de trouver une compagne, mais surtout une compagne avec laquelle on n'avait aucun lien de parenté, afin d'avoir des enfants plus forts et en meilleure santé, ne risquant pas de présenter des tares consanguines. Bien plus matérialiste et concret qu'amoureux encore une fois.

De fait, ce n'est qu'au XXème siècle que, récupérée par les fleuristes et les bijoutiers, la Saint-Valentin a pris de l'importance avec un nouvel esprit charmant mais assez orienté marketing, il faut l'avouer. Autre temps, autres moeurs ?