Ils l'attendaient tous, le voilà enfin : le procès du Carlton débute enfin ce lundi au Tribunal de Grande Instance de Lille sous l'œil très attentif de la presse et des citoyens français. La raison de tant de déballage médiatique ? La présence de Dominique Strauss-Khan bien entendu ! Comme douze autres personnes, l'ancien président du Fonds Monétaire International comparaît ce lundi pour « proxénétisme aggravé en réunion », tandis qu'un quatorzième sera jugé pour « complicité d'escroquerie et abus de biens sociaux ».

Un casting éclectique

Revenons un moment sur les faits, qui remontent déjà à 2011 alors que #DSK était pressenti pour devenir le prochain président de la République, avant que le scandale du Sofitel à New York ne vienne mettre à mal sa réputation. À l'époque, DSK était un joyeux luron qui se « déstressait » de l'incroyable pression qu'il devait subir de par son poste haut placé en participant à des parties fines organisées par des amis à lui à Paris, à Washington ou encore dans le nord de la France. Et plus particulièrement à l'hôtel du Carlton de Lille, où ces petites sauteries étaient organisées par le patron d'une filiale du groupe de construction Eiffage, David Roquet. Celui-ci, en toute complicité avec le propriétaire et le directeur de l'hôtel Francis Henrion et Hervé Franchois, aurait fait appel à Dodo la Saumure, proxénète belge bien connu des médias pour sa figure gouailleuse, pour que des prostituées lui soit envoyées.

On retiendra également les noms de René Kojfer, directeur des relations publiques du Carlton, Jean-Christophe Lagarde, commissaire divisionnaire en chef de la sûreté départementale du Nord soupçonné d'avoir présenté des prostituées à DSK, Fabrice Pazskowski et son ancienne compagne, accusés respectivement d'avoir organisé ces soirées et de proxénétisme aggravé et escroquerie.

De lourdes peines

Voilà donc la petite bande qui devra se défendre de « proxénétisme aggravé en réunion ». Parce que l'enjeu est plutôt important : s'ils sont reconnus coupables, ils risquent pour ce délit jusqu'à 10 ans de prison selon le code civil.

Si la peine est lourde, ils ont pourtant déjà échappé au pire. Le groupe allait initialement être jugé pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », un crime passible de 20 ans de réclusion et jugé devant un tribunal d'Assises, et non plus correctionnel. Dans la pratique, ils sont donc accusés d'avoir « aidé », « assisté », et « protégé la prostitution d'autrui ». Des prostituées qui se sont d'ailleurs portées partie civile pour témoigner de ce qu'il se passait dans ces parties fines. Une certaine Jade a ainsi décrit à la police le genre d'actes « barbares » commis par DSK et ses amis sur ces jeunes prostituées. «J'ai eu un haut-le-cœur. Je n'ai pas voulu me mêler à ce carnage car ce n'est pas ma façon de faire…», a-t-elle expliqué en racontant la scène où sept ou huit prostituées s'occupaient déjà de l'ancien ministre de l'économie. Accusé de toutes parts comme en 2011 lors de l'affaire qui l'opposait à Nafissatou Diallo, DSK nie totalement ce qui lui est aujourd'hui reproché. Il récuse ainsi fermement le fait d'avoir été au courant que ces jeunes filles étaient des prostituées, qu'il ignorait que ces soirées étaient organisées expressément pour lui par ses riches amis. « Il nous fait croire qu'il est naïf ! », a tenu à déclarer Jade, en chœur avec les quatre autres prostituées qui devront déballer au grand jour la vie sexuelle des prévenus.

Naïf ou pas, Domique Strauss-Khan va devoir la jouer serré pour échapper une nouvelle fois aux mailles du filet de la #Justice. S'il a réussi à convaincre Outre-Atlantique qu'il n'avait pas violé Nafissatou Diallo dans cette chambre du Sofitel, les différents témoignages qui pèsent désormais sur lui risquent bien de peser lourd dans la balance. Il aura trois semaines pour convaincre les juges du procès qu'effectivement, il pensait en tout bien tout honneur que ces jeunes filles étaient là pour leur propre plaisir. Gageons que ce n'est pas gagné. #Dominique Strauss-Kahn