Blasting News : comment se portent aujourd'hui les Restos du cœur belges ?

Robert Galante : Les Restos du cœur se sont implantés dans plusieurs grandes villes, mais en majorité dans la partie francophone du pays, puisque l'idée de Coluche a surtout retenti dans les pays francophones. Aujourd'hui, chaque Resto travaille en collaboration avec plusieurs associations de terrain. Coluche a été un lanceur d'idées, mais il fallait aller plus loin que l'alimentaire ! Il faut aider les gens à aller vers une autonomie, à se prendre en charge, grâce à l'éducation, la responsabilisation et les aides différentes qui leur sont apportées.

Y a-t-il une différence entre les Restos belges et français ?

Oui, puisque nous dépassons le simple fait de fournir une aide alimentaire. Les Restos français fonctionnent principalement en distribuant des colis et ne font pas forcément à manger pour les gens dans le besoin. C'est ce que nous faisons, nous, en plus de leur proposer différents services comme une aide juridique et administrative, une médiation des dettes, une école des devoirs…

De plus, nous n'avons aucune retombée financière directe des actions menées en France, comme celle des Enfoirés par exemple. Tout va à la France, même si un Belge achète un DVD de leur spectacle !

Les Enfoirés ne vous rapportent donc rien ?

Financièrement, non. Mais on voit quand même un élan de générosité lorsqu'un spectacle est diffusé sur TF1. Les gens repensent à nous et viennent davantage faire des dons. On profite donc en quelque sorte de l'ampleur du mouvement.

D'où tirez-vous les fonds nécessaires ?

Comme nous sommes reconnus comme une institution, nous bénéficions de fonds sociaux. La Région Wallonne paye 70% de nos salariés. Les dons des particuliers, que l'on reçoit ici sur place ou via la fédération, rapportent environ 28%. Les actions internes que nous menons, comme des soupers et du mailing de masse, engrangent 5% des fonds. Le reste vient des subsides, donc plus ou moins les deux tiers de notre budget !

Qui vient aux Restos du cœur ?

Tout le monde ! On remarque malgré tout qu'il y a beaucoup plus de jeunes depuis dix ans. Ils manquent de qualifications, il n'y a plus de travail de premier niveau et se retrouvent donc désarmés. Mais il y a également des personnes âgées qui n'ont pas assez avec leur petite pension pour survivre, et viennent donc manger ici pour économiser de l'argent. Cela leur permet également d'échanger avec les autres, de voir du monde, de les couper de la solitude. #Belgique #Les Enfoirés