Cette histoire qui aurait pu inspirer un scénario à l'instar du film "La vie est long fleuve tranquille" n'est pas une fiction mais bel et bien un fait réel qui s'inscrit dans l'histoire de deux familles.

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Tout commence la nuit du 8 au 9 juillet 1994 dans une maternité de Cannes où deux petites filles qui viennent de naître souffrent toutes deux de la jaunisse. Elles subissent le même traitement et partagent cette nuit-là la même couveuse. Elles n'ont pas de bracelet d'identification ce qui explique l'erreur d'une infirmière qui intervertit les deux petites filles...

Les années passent et Manon ne ressemble pas à ses parents...Sa mère, qui a des origines espagnoles, ne s'émeut guère du teint mat et des cheveux frisés de sa fille.

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Mais le père s'interroge et des doutes quant à sa paternité l'assaillent, il finit par demander des tests ADN qui confirment ses soupçons. Mais non seulement Manon n'est pas sa fille biologique mais elle n'est pas non plus celle de son épouse!

C'est une véritable bombe qui fait voler en éclats tous les liens de cette famille lorsque la petite Manon a dix ans. Une enquête est diligentée afin de retrouver sa famille biologique, celle-ci, d'origine réunionnaise, s'est installée dans la région de Grasse.

Une rencontre a lieu entre les deux familles avec les deux jeunes filles mais la voix du sang ne parle pas...Les familles ne demandent pas d'échange! Car comme l'explique Marcel Rufo: "les liens affectifs sont devenus plus forts que les liens biologiques". Et d'ajouter: "les liens de sang, ce n'est pas grand-chose". Quant à Gilbert Collard, l'avocat de Sophie Serrano, il donne cette analyse: "l'enfant que ma cliente aime, elle l'a adopté sans le savoir et sans le vouloir"..

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Alors pourquoi ce procès?

C'est tout simplement pour obtenir, à travers les douze millions d'euros d'indemnités demandés, la reconnaissance de statut de victimes pour ces deux familles afin de lever toute culpabilité à leur égard et de permettre à chacun de construire sa vie en toute plénitude. #Justice