Aujourd'hui, on parle beaucoup #Immigration, assimilation, insertion. Je m'insurge contre ces synonymes qui renvoient à la même chose ! Et ne rien dire du tout de plus, en vérité!

L'immigration italienne est celle qui demeure la plus importante qu'ait connue la France en volume, suivie de celle des espagnols : ces citoyens d'origines étrangères ont donc pris toute leur place dans l'économie et la société française des Trente Glorieuses... Celle qui a permis la reconstruction de ce pays !

Jusqu'en 1968, les Transalpins sont demeurés au premier rang des étrangers recensés en France. Ainsi, « La diaspora italienne en France comprend les immigrés et descendants d'immigrés. Selon une publication du Centre interdisciplinaire de recherche sur la culture des échanges (CIRCE) Sorbonne Nouvelle - Paris 3, aujourd'hui, la communauté française d'ascendance italienne est estimée à quelque 4 millions de personnes soit environ 6 % de la population totale. » C'est dire. Pourtant, les clichés ont la dent dure en France. J'entends de-ci de-là depuis des années que les Italiens ou Espagnols se sont bien intégrés à notre pays. C'est sûrement le cas, mais à quel prix ! Il faut savoir que mon père, arrivé en 1942, a travaillé comme un esclave à des heures indues, sans un jour de repos... Pour faire vivre sa famille, il n'a eu d'autre choix que d'accepter cette situation!

Le plus douloureux dans tout cela, c'est qu'après la Libération le mythe du « coup de poignard dans le dos » demeurait vivace, tout comme l'hostilité à l'égard des anciens « sujets de Mussolini » qui continuaient à alimenter "l'italophobie". "Retourne dans ton pays, tu viens prendre le travail des Français". "On aurait dû te pendre avec les frisés !" sont ces phrases qui me font encore mal et que je n'oublierai jamais. Époque détestable. J'ai moi-même subi à l'école les aléas des petits Français racistes et primaires.

A la vue de l'actualité, j'invite chacun à relire l'histoire de l'immigration pour mieux comprendre celle de notre pays.