L'histoire se déroule dans la petite communauté de Tasiujaq, située dans le Grand Nord Canadien et uniquement accessible par avion, bateau ou motoneige. La population locale, principalement composée d'Inuits, compte 250 personnes et seulement 3 policiers pour faire respecter la loi Canadienne.

Un soir de fête, une jeune femme âgée de 17 ans et fortement alcoolisée se fait interpeller par une patrouille de la police locale pour ébriété et trouble à l'ordre public, suite à un appel de ses proches.

L'officier de police attache la jeune femme mains dans le dos avant de l'installer à l'arrière du véhicule de police. Mais à bord du véhicule se trouve également Joe Kritik, un homme interpellé plus tôt dans la soirée. Malgré son état d'ébriété et son lourd passé criminel – six crimes sexuels commis en six ans, rapporte La Presse – l'homme n'est pas menotté.

L'officier de police continue sa ronde, puis fait une courte pause et sort du véhicule en verrouillant les portières. L'adolescente se retrouve soudain à la merci du prédateur sexuel qui, profitant de ses mains libres et de l'absence de l'officier de police, fond sur sa proie. En revenant à son véhicule, l'agent de police retrouva l'individu « le pantalon baissé, sur la victime ».

Selon son avocat, « menottée dans le dos, la victime était incapable de se défendre ou de sortir du véhicule, les portières étant fermées », rapporte CBC.

Alors qu'elle est encore sous le choc de l'agression, la jeune femme est ensuite placée en cellule de dégrisement. Aucun soin ou examen médical ne lui est apporté et sa famille n'est pas prévenue de l'agression.

En 2012, Joe Kritik plaide coupable devant la justice canadienne et écope de 39 mois de prison ferme. Mais la jeune femme, profondément marquée par l'agression, décide aujourd'hui d'obtenir réparation auprès de la police locale.

En effet, la plainte déposée par l'avocat de la victime pointe une négligence des forces de police, « laissant un officier de police inexpérimenté sans connaissances de la vie des populations nordiques du Québec et sans autorisation de porter une arme assurer seule la sécurité du public », cite le Daily Mail. Suspendue après l'agression, la policière finira par démissionner de son poste.

Aujourd'hui âgée de 21 ans et toujours hantée par le drame, la victime souffre de stress post-traumatique, d'anxiété et d'idées suicidaires. Elle réclame 400 000$ de dommages et intérêts, soit plus de 350 000 euros.

Ce drame met en lumière l'important taux de criminalité dans ces régions reculées : en 2013 au Nunavik, on a recensé 14 433 délits pour 12752 habitants.