La Cour d'assises de l'Ain a examiné, ce jeudi, la triste affaire dite des « bébés congelés », impliquant une mère de 34 ans qui n'en est pas à son « coup d'essai ». Jugée pour avoir tué et congelé deux nouveaux-nés, elle a été condamnée à 23 ans de réclusion criminelle. 

Une mère récidiviste 

En 2005, Audrey Chabot a déjà été condamnée à une peine de 15 ans de prison pour un infanticide commis en 2002. Par la suite, les professionnels de la santé mentale ayant décrétés qu'elle « ne présentait pas de risques de récidive », elle a été reconnue libérable à mi-peine, soit en décembre 2010.

La réalité a fait mentir les psychiatres. Audrey Chabot a récidivé sur deux nouveaux nés, en 2011 et 2012, en les noyant sous la douche avant de les congeler. Vivant séparé de la mère des enfants, le père a dû être hospitalisé en apprenant ces nouvelles.

Dysfonctionnement de la justice

Bien que cela n'explique pas tout, l'avocat général, Denis Mondon a reconnu qu'il y a eu un « dysfonctionnement » judiciaire. La première peine était assortie d'un suivi psychologique, mais personne n'a vérifié si audrey Chabot respectait cette condition imposée par la #Justice.

La première avocate d'Audrey Chabot a eu le sentiment de devoir plaider le déni de grossesse, ce qu'elle n'a pas fait. Autre fait troublant, personne dans l'entourage de la jeune mère, ni même au travail ne se rendait compte de ses grossesses successives, et donc s'enquérir de la venue des bébés.

Personnalité pour le moins complexe

Trois meurtres sur des nouveaux-nés. Certains diront que de telles atrocités ne se rencontrent que dans les plus ringards films d'horreur mais pas dans la vraie vie. Pourtant, cette femme ne laissait rien paraitre. Ses collègues de travail ont décrit une employée « professionnelle », « bosseuse » et « volontaire ». Seul un employeur a dû se séparer d'elle car elle « piquait dans la caisse ».

Retour à la case prison

L'avocat général avait requis 27 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté, mais aussi de dix ans d'interdiction des droits civiques, civils et de famille, ainsi qu'une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs, 30 ans de suivi socio-judiciaire et une injonction de soins. Ce jeudi soir, Audrey Chabot a été reconnue coupable de l'assassinat de ses deux bébés et condamnée à 23 ans de prison ferme. Sa peine est assortie de cinq ans de suivi socio-judiciaire et d'une injonction de soins effective dans l'immédiat.