C'était le 26 octobre dernier. Rémi Fraisse, jeune toulousain de 21 ans, était tué sur le coup par l'explosion d'une grenade offensive lancée par un gendarme. Botaniste bénévole à l'association Nature Midi-Pyrénées, son décès a fortement ému l'opinion publique. C'est la troisième fois qu'un manifestant était tué par la police en cinquante ans. Lors des manifestations du 25-26 octobre 2014, gendarmes et "zadistes" s'affrontaient entre cocktails molotov, pierres et gaz lacrymogènes. Deux jours plus tard, une plainte est déposée par l'avocat de la famille de Rémi Fraisse pour « homicide volontaire » et pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. » Le parquet de Toulouse ouvre une information judiciaire en décembre. Une enquête administrative de l'inspection générale de la gendarmerie conclut qu'aucune faute professionnelle n'a été commise par les gendarmes.

Pourtant, le 14 janvier 2015, un maréchal des logis chef « J. » est placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête judiciaire. Ce dernier justifie l'emploi d'une grenade offensive car, d'après lui, « les adversaires étaient extrêmement déterminés et rompus à ce genre de lutte, équipés de casques, masques à gaz et de boucliers artisanaux pour certains, usants d'explosifs de conception artisanale. » Le gendarme a été relâché mais pourrait être de nouveau appelé par la justice. Le mystère, quant à lui, suit son cours. #Agriculture