Le mystère du crash de l'A320 de la Germanwings s'éclaircit quelque peu. Selon des informations communiquées par le procureur de Marseille, il semble clair que le copilote soit responsable du crash et que son geste ait été volontaire : « L'interprétation la plus plausible du drame consiste à ce jour à considérer que le copilote ait volontairement refusé d'ouvrir la porte au commandant de bord. Et qu'il ait ensuite également activé le bouton commandant la perte d'altitude de manière volontaire… ».

Les raisons de son geste fou sont par contre encore inconnues…

La boite noire a parlé

Récupérée parmi les débris, cette première boite noire est celle présente dans le cockpit.  Elle a livré ses enregistrements, les 30 dernières minutes du vol sont connues. « Les 20 premières minutes sont normales : on y entend le commandant de bord et son pilote se parler de manière enjouée et courtoise. Tout semble parfaitement normal » comme l'a expliqué Brice Robin, le procureur de Marseille. « Puis par après le commandant commence le briefing préparatoire en vue de l'atterrissage à Düsseldorf. Là, les réponses du copilote sont laconiques, très courtes et très différentes des conversations précédentes » a-t-il ajouté.

Une fois le briefing terminé, le commandant de bord demande à son copilote de prendre les commandes et décide de sortit du cockpit pour se rendre aux toilettes. Le copilote devient donc le seul maître à bord. Il décide alors de manipuler le sélectionneur d'altitude. Une action qui ne peut être que volontaire.

Ensuite, quand le commandant revient et se signale au copilote en demandant la réouverture de la porte, ce dernier ne formule aucune réponse. Il n'en fournira d'ailleurs pas non plus à la tour de contrôle de Marseille, ni à la demande de relais radio d'un autre avion, ni encore à la demande de formulation du code d'urgence. Il ne dira d'ailleurs plus rien du tout…

La thèse du malaise est  écartée, car les enregistrements confirment que la respiration du copilote était bien normale tout au long du vol. De plus, la descente de l'avion était "correctement réalisée", en aucun cas brusquée.

Le commandant bloqué en dehors

Et si le commandant n'a pas pu re-rentrer dans le cockpit, cela est en partie dû aux normes de sécurité mises en place dans les avions depuis le 11 septembre. Depuis les attentats, chaque cockpit est équipé d'une porte blindée protégée par un digicode. De plus une caméra filme en permanence la porte, permettant aux pilotes de voir qui voudrait pénétrer dans la cabine.

Une fois cette porte fermée, il faut impérativement connaitre le code pour pouvoir ouvrir la porte de l'extérieur. Mais pas que, car de l'intérieur, les pilotes peuvent également faire passer le mécanisme d'ouverture sur « Lock », ce qui empêche toute ouverture de l'extérieur, même si vous possédez le code d'ouverture. C'est vraisemblablement ce qu'il s'est passé ici…

Il existe bien une hache permettant d'attaquer et de briser la porte blindée. Prévue en cas d'urgence, cette méthode extrême d'ouverture nécessite néanmoins beaucoup de temps. Le commandant n'en bénéficiait pas. Après qu'il ait quitté la cabine de pilotage, le copilote a fait descendre l'avion de 12.000 m à 2.000 m d'altitude en moins de 8 minutes seulement….

Raisons encore inconnues

Et si les circonstances du drame sont désormais un peu plus claires, les explications prendront elles du temps. Les autorités judiciaires françaises ont lancé une enquête ainsi que des demandes d'entraide internationale. Les autorités judiciaires espagnoles ont fait de même, l'Allemagne devrait elle aussi envoyer sa demande.

Les enquêteurs se pencheront notamment sur la vie du copilote. Ce dernier, Andreas Lubitz, 28 ans était bien de nationalité allemande. En début de carrière, il ne comptait « que » 630 heures de vol. Il avait été recruté en septembre 2013.

Le commandant de bord comptait lui plus de 10 ans d'expérience, accumulant plus de 6.000 heures de vol. Patrick Sonderheimer était marié et avait deux enfants … #Aviation