#Charlie Hebdo, ce journal satirique désormais connu dans le monde entier va beaucoup mieux, financièrement parlant ! Proche de la faillite avant les attentats, le journal s'écoulait alors difficilement, 30.000 exemplaires étaient en moyenne vendus chaque semaine.

Mais depuis l'effroyable tuerie, l'énorme élan de compassion a fait littéralement exploser la vente des premiers numéros « post-attentats ». Le journal du 14 Javier par exemple, dit « le numéro des survivants », s'est écoulé à plus de 7 millions d'exemplaires ! Une augmentation absolument énorme de 23.200 % (oui oui aucune erreur) ! Et même si l'engouement est retombé depuis, avec l'afflux de dons et les nouveaux abonnements enregistrés, l'hebdomadaire aurait engrangé pas moins de 30 millions d'euros !

Une somme inespérée pour un journal au bord de la faillite il y a quelques mois. Mais tout cet argent ne semble pas faire leur bonheur. Ce serait même tout le contraire….

Un collectif attriste la direction

Onze salariés du journal réclameraient désormais à la direction un statut «d'actionnaires salariés à parts égales ». Parmi ce collectif, on retrouverait le journaliste Laurent Léger, le dessinateur Luz et le médecin urgentiste Patrick Pelloux. Ce dernier résumait leurs intentions : « Il n'y a rien contre la direction actuelle, aucun conflit avec qui que ce soit. Les salariés veulent être davantage acteurs de l'entreprise ». Avant d'ajouter : « A partir du moment où une entreprise est décimée, vous vous sentez complètement liés à elle. Il ne s'agit pas de se partager le gâteau. L'argent ne nous intéresse pas ».

Du côté de la direction, on a réagi uniquement par voie d'avocat : "Riss est encore à l'hôpital, les parts de Charb sont gelées par succession. Tout cet argent fait plus de mal que de bien. Cela fait penser à ces enterrements où on se bat déjà en revenant du cimetière pour les bijoux de la grand-mère. Mais nous prenons bien acte des souhaits des salariés d'être associés à la vie du journal. Bien que nous soyons très loin de la réflexion sur l'actionnariat"

La rédaction divisée... 

Cette volonté du collectif provoque en tout cas un petit raz de marée au sein même de la rédaction. Un dessinateur opposé à ce collectif aurait même été jusqu'à envoyer un mail aux onze salariés faisant partie du collectif en indiquant : « Les actions de Charb ne s'envoleront pas si c'est ça qui vous inquiète, Riss ne partira pas avec la caisse sous son bras et Éric n'a pas ouvert de compte en Suisse". Soulignant les années de galère auxquelles ils ont dû faire face par le passé.

Il a encore accusé les « Onze » de : « parler de l'argent de Charb, alors que les asticots n'ont même pas fini de le bouffer… »

Ambiance ambiance donc à Charlie Hebdo. Il y a fort à parier que Cabu, Charb, Tignouss et Wolinski doivent être en train de caricaturer l'affaire de là-haut …

Avec un titre du genre : « Messieurs les djihadistes, envoyez nous beaucoup d'argent la prochaine fois, c'est plus sympa mais ça fait plus de dégâts … »